J'ai
eu la chance incroyable de travailler avec tous les comédiens avec
qui j'ai eu envie de travailler. C'était chaque fois de très
belles rencontres, que ce soit Hélène Fillières, Bulle
Ogier, Ludmila Mikaël ou Jonathan Zaccaï, avec qui j'avais tourné
un court- métrage... mais avec tous, vraiment tous.
Le personnage de Marie est
fédérateur, c'est elle qui relie les mondes entre eux, c'est
elle qui n'appartient à rien...
Je ne connaissais pas Hélène Fillières
La première
fois que je l'ai vue, j'ai su qu'elle était Marie. Marie, la grande
fille belle un peu dure qu'on rencontre souvent en province et qui se demande
ce qu'elle fait là
Hélène peut avoir ce côté
un peu tragique, mais on a cherché ensemble à rendre Marie
douce, pas consciente de ce qu'elle vivait, instinctive
Avec les comédiens,
on a travaillé à trouver l'équilibre d'un personnage
Trouver son silence, son style, sa démarche... C'était passionnant
avec peu d'éléments dramaturgiques de construire un personnage.
L'idée, c'était pour chacun de se glisser dans l'atmosphère
du lieu, pousser à l'extrême des intentions pour que le silence
soit incarné, les regards suggestifs et suffisamment ouverts pour
que le comédien ne sache pas où il allait.
Ne pas tourner dans la chronologie
a obligé les comédiens à trouver un état, à
penser les séquences en terme d'état, tout en
gardant la ligne conductrice du personnage.
Le travail était intime,
on "creusait" sur un terrain sensible, souvent sur la solitude,
les choses retenues, l'incapacité de dire
Julie Lopes-Curval