Bord de mer est né d'une rencontre avec une petite ville de la Baie de Somme. Un lieu insolite, populaire, avec un charme aristocratique. Une ville suffisamment riche : elle a son industrie, son casino, sa plage, pour que s'y rencontrent des êtres très différents.

"Plus on est précis, plus on devient général", écrit Diane Arbus. Cette envie de précision qui est certainement le travail de toute une vie, je trouvais intéressant de l'aborder en choisissant un lieu nu, forcément précis par le peu qu'il a et le profond qu'il suggère.

Un lieu cinématographique aussi à l'image de ce que j'aime : que ce soit les paysages de Hopper, à la fois désolés et très doux, une atmosphère proche de certains films de Wenders ou d'images de Jeff Wall... Enfin, une atmosphère, une tonalité.
Un lieu ouvert sur la mer où l'idée de départ est omniprésente, mais où le possible et le réel ancrent certains à vie dans cet espace-là.

Une envie de raconter un lieu modeste avec un regard que j'ai cherché à rendre le plus humain possible.
Ce regard, c'était au travers des personnages que je pouvais le faire exister.

Recréer une micro-société, donc différents personnages tant dans ce qu'ils sont intimement que dans l'apparence de leur vie.
Des existences qui se côtoient mais ne se rencontrent pas forcément, qui résonnent entre elles et finissent par avoir une réelle
influence les unes sur les autres ; peu à peu les destins se croisent.

Julie Lopes-Curval
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