Un
jour, après avoir fait une simple reprise sur un chandail, j’ai
commencé à écrire Brodeuses. C’est le mouvement
de ma main et du fil qui m’ont lancée, et, comme Claire dans
le scénario, j’espérais que quelque chose d’unique
et de très beau sortirait de ce geste.
Le chandail a aussi son importance. Il me venait de ma mère. Elle
l’avait tricoté il y a plus de trente ans, et me l’avait
confié quand j’étais enceinte.
Après avoir supporté vaillamment
ses débordements charnels, avec un peu d’espoir, il endurerait
encore les miens ! Depuis, je lui ai dit de garder ses pulls. Mais mon
inspiration tourne toujours autour de mes parents et de la transmission.
Dans Brodeuses, j’ai voulu rendre
l’odeur de ce terreau sans lequel aucune plante ne pousse et que
Mme Mélikian enrichit pour aider Claire à s’épanouir.
J’ai voulu que leur histoire soit
magnifiée à l’écran. Que la mise en scène,
les images, le son, la musique rendent avec force le lyrisme, parfois
onirique, qui vient en contrepoint de la rudesse derrière laquelle
ces deux femmes se protègent.