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La musique
des rythmes urbains au flamenco
"Ma religion, c'est
la musique" (Zano)
La musique fait partie du voyage. Le film est construit comme une transe,
une montée vers la scène finale : une transe soufie cathartique.
Les paroles des chansons sont comme le prolongement
des dialogues. Et la musique vient soigner les âmes blessées.
La musique a son cheminement propre. Elle aussi fait la route aux côtés
de Zano et Naïma pour revenir vers ses origines traditionnelles. La
musique prend sa source chez Zano. Elle est urbaine, électronique,
soutient un rythme tachycardique. Zano l’écoute fort, l’oreille
collée à ses enceintes.
En Andalousie, elle flirte avec le flamenco de la Macanita. Les jeunes gitans
de la cité des Tres Mil Viviendas déchaînent la Carboneria,
lieu mythique de Séville, où les jeunes du monde entier viennent
à la fin de la nuit, se saouler au flamenco.
Le soufisme
L’Afrique du Nord est une terre de haute
spiritualité où le rapport à l’invisible, à
l’enchantement du monde et à l’existence d’une
transcendance est ancré dans les convictions et les croyances populaires
: l’univers serait peuplé d’esprits qu’il s’agirait
d’apprivoiser ou d’apaiser par des offrandes, et des témoignages
de respect.
La confrérie soufie est à la fois spirituelle et thérapeutique.
Elle pratique des rituels de guérison fondés sur l’apaisement
des relations entre les entités secrètes et les humains possédés.
Parmi ces rituels, le plus spectaculaire est celui de la transe : c'est
à ce moment-là que l’individu s’échappe
de lui-même.
Il puise la force de dépasser ses inhibitions, ses peurs et ses frustrations.
Dans le film, la transe a été organisée autour d'une
véritable cérémonie. Les musiciens de tous horizons
ont joué sur un rythme binaire et non pas ternaire, comme c’est
le cas dans leur culture musicale. Ce rythme binaire est celui de l’Occident.
Il était plus adapté à Zano et Naïma, pour entrer
dans la transe.
Tony Gatlif