

synopsis
:
Un
groupe de jeunes gens intègre l'une des Grandes Ecoles où
se forment les futurs dirigeants et où s'entrouvrent les
portes du pouvoir. Ils sont la crème des étudiants
et seront l'élite de demain si tout se passe comme prévu.
Mais la vie a toujours plus d’imagination que nous. Grandes
écoles, oui, grands amours aussi, difficiles à vivre
parfois.
Le trouble du je et du jeu, des sentiments, de l’esprit et
de la chair désinhiberont leurs certitudes. Ils devront faire
avec eux-mêmes, devenir ce qu’ils sont et s’apercevoir
que l’école qui est grande n’est peut-être
pas celle annoncée.
entretien
avec Robert Salis :
Qu’est-ce
qui vous a donné envie d’adapter la pièce de Jean-Marie
Besset ?
Après
mes documentaires, je voulais revenir à la fiction, puisque
mon premier long-métrage de fiction : LETTRES
D’AMOURS PERDUES date de 1984. J’ai cherché
alors un sujet qui me permette de parler du trouble amoureux et de
la perte des repères tout en étant imprégné
d’une forte dimension sociale.
J’en ai parlé à Jean-Marie
Besset que je connais depuis près de vingt ans et qui
est devenu un ami. Il a alors évoqué le souhait d’adapter
sa pièce : GRANDE ECOLE dont j’avais
pu suivre tout le parcours puisque j’avais même assisté
à la toute première lecture ; bien avant les premières
représentations qui ont eu lieu en 1995.
L’idée était effectivement séduisante,
même si je savais que, quelques années plus tôt,
cette pièce avait déjà fait l’objet, avec
un autre réalisateur, d’une première tentative
d’adaptation qui n’avait pas abouti et que Jean-Marie
Besset m’a fait lire. Bien que non dénuée de qualités,
elle était à mon sens une transcription trop littérale
de la pièce et ne tenait pas assez compte des enjeux du cinéma.
L’idée a donc mûri en moi d’une toute autre
adaptation que j’ai faite de mon côté, en solitaire,
pour la proposer ensuite à Jean-Marie Besset et à partir
de laquelle nous avons écrit les différentes versions
du scénario.
Dans l’adaptation, quelle est la part
de Jean-Marie Besset, quelle est la part de Robert Salis ?
Cette première adaptation en solitaire m’a
surtout permis de poser des jalons et des préalables qui me
semblaient vitaux :
- Préserver l’aspect et la portée littéraire
des dialogues tout en les condensant, sans altérer leur fluidité.
- Ne pas gommer la convention théâtrale mais au contraire,
s’en nourrir.
- Respecter le style de la pièce tout en en modifiant la structure.
- Développer la dimension sociale de la pièce en transformant
complètement le personnage de Mécir.
- Ouvrir le film sur le monde extérieur et inventer un passé,
un univers familial aux personnages. Les insérer dans l’école,
en gardant toujours en filigrane comme fil conducteur, la métaphore
toute simple que la véritable grande école est celle
de la Vie.
Jean-Marie Besset a été
d’accord avec ces postulats. Finalement, le vrai point de divergence
entre nous a été la place qu’occupe le pari de
séduction qu’Agnès propose à Paul. En effet,
toute la pièce se déroule uniquement dans l’appartement
des trois colocataires, où les deux personnages féminins,
Agnès et Emeline, font de fréquents allers-retours.
Dès le début de la pièce, Agnès relate
l’attraction que ressent Paul pour Louis-Arnault et lui propose
d’emblée le marché suivant : “Voyons qui
de nous deux séduira Louis-Arnault ?”. Je n’aimais
pas l’idée de commencer abruptement le film de cette
manière. En plus, c’était ce qui m’avait
déplu dans la première tentative d’adaptation
avortée. Je voulais au contraire montrer d’abord la fascination
exercée par Louis-Arnault, puis la naissance du trouble amoureux
et charnel qui envahit Paul et la façon dont son amie Agnès
s’en aperçoit, le vit et le ressent.
Montrer comment et pourquoi ce trouble “germe” en lui
et que Mécir soit le passeur par lequel le trouble prend corps.
De façon à ce que Agnès, Louis-Arnault et Mécir
fonctionnent et “fictionnent” comme des anges révélateurs
auprès de Paul, qu’ils lui influent une énergie
prompte à exprimer ses doutes et à les dépasser.
Et c’est seulement après avoir montré cela que
le pari d’Agnès prend toute sa force et qu’il n’apparaît
pas comme un jeu pervers mais plutôt comme le seul moyen qu’elle
trouve pour prouver et éprouver son amour. Ce que lui dit d’ailleurs
Louis-Arnault : “Est-ce de son amour ou du tien dont tu n’es
plus sûre ?”. Jusqu’où est-on prêt
à aller par amour et de quoi peut-on être capable dans
la crainte qu’il vous échappe ?
Quels sont les personnages inventés
ou beaucoup réécrits par rapport à la pièce
?
La pièce est construite uniquement sur les
cinq personnages montrés en vase clos dans l’appartement
du campus : Paul, Louis- Arnault, Chouquet, Agnès et Emeline.
Ils y sont présentés en archétype de leur statut
social et Mécir n’y fait qu’une brève apparition
dans une seule scène où il est réduit au statut
de petite frappe.
Il fallait donc, pour montrer leur cercle familial et scolaire, inventer
leurs parents, le directeur de la grande école, des professeurs,
même si ces personnages n’ont que l’unique fonction
informative de dessiner les contours de leurs univers. Ancrer Louis-Arnault
dans un sport, le water-polo, où la puissance sensuelle d’une
activité aquatique et ludique est prompte à nourrir
le trouble.
Faire d’Agnès pas seulement une littéraire mais
aussi une alliée dévouée à la cause des
droits de l’homme et que Paul y soit sensibilisé.
Mais c’est surtout Mécir qui a été métamorphosé,
à l’opposé de ces personnages clichés de
jeunes arabes des cités qui vivent de délinquance et
de petits trafics que l’on voit trop souvent dans beaucoup de
films. Il fallait qu’il soit un acteur à part entière
de la vie sociale, qu’il ait une situation, un métier.
Que sa mère, même si elle est l’une des femmes
de ménage de l’école, (ce qu’elle est également
dans la pièce quand Mécir parle d’elle à
Paul), ne soit pas réduite à ce cliché social
mais ait un regard bienveillant sur son fils. Et enfin, le personnage
de Jamal, le grand frère qui aimerait devenir musicien mais
doute de ses capacités jusqu’à en devenir paranoïaque.
A son sujet, je voudrais détailler ici la fonction de ce personnage
: c’est lui qui, sans le vouloir, précipite le dénouement.
Lorsque Louis-Arnault comprend subitement que Paul a une liaison avec
Mécir et que cette idée lui est insupportable, il a
aussitôt la présence d’esprit de se servir de l’arrivée
du frère pour en faire un bouc émissaire en l’accusant
de son agression, autant pour court-circuiter cette relation que pour
éprouver le désir de Paul. Et comme, en bon paranoïaque,
le frère s’enfuit en courant et que sa ressemblance physique
avec l’étudiant agresseur en smocking est frappante,
le doute s’installe, tant il est plus évident de croire
sur parole un Louis-Arnault qu’un Jamal. Aussi pour éviter
cet écueil, j’avais mis en voix off en fin de film ces
trois répliques que j’ai finalement enlevées de
peur d’alourdir la fin.
C’étaient celles-ci :
- Jamal : je te le jure, je l’avais jamais vu avant, j’ai
rien à voir avec son agression.
- Mécir : Oui, mais pourquoi tu t’es enfui ?
- Jamal : je voulais pas d’histoires…, les préjugés
nous rattrapent toujours. Si tu veux, je vais les voir pour leur dire
que j’y suis pour rien.
- Mécir : Non, c’est plus la peine… Maintenant,
si je marche la tête relevée vers le ciel, c’est
pour empêcher que mes larmes ne tombent.
C’est seulement la dernière réplique que j’ai
gardée.
Comment avez-vous abordé la mise
en scène du film ?
Je voulais que le film soit singulier, un peu comme
un ovni, avec un aspect intemporel et décalé, en me
servant autant que possible des ressources du cinéma, mais
aussi du théâtre, tenter de les faire cohabiter pour
voir ce qui allait en résulter, avec des partis pris de mise
en scène pleinement assumés.
Dès la lecture du scénario, beaucoup (surtout les financiers),
m’ont reproché d’avoir gardé la forme littéraire
des dialogues, affirmant que les jeunes d’aujourd’hui
ne parlaient pas comme ça, n’avaient pas un langage aussi
châtié. En fait, c’est justement cela qui m’a
motivé : relever le défi du langage qui est l’un
des enjeux et des thèmes du film.
Il s’agit de montrer des jeunes gens qui, dès leur plus
jeune âge, ont été élevés dans la
maîtrise de la parole et la dextérité du langage,
qui manient le savoir et les mots choisis avec une habileté
qui leur confère un ascendant sur les autres. Pour eux, le
langage est un instrument de pouvoir et de domination. La loi passe
avant tout par le verbe et non par la force.
J’ai repensé souvent à la phrase de Roland
Barthes : “Je vis la différence des langages comme
une tragédie”.
Le fait que de plus en plus de jeunes, quelles que soient leurs classes
sociales, soient soucieux d’avoir accès au savoir et
à la maîtrise du langage s’avère primordial.
La recherche de la poésie et des rimes, ne serait-ce que dans
le rap, par exemple, est une preuve qu’ils en éprouvent
le besoin et que leur vocabulaire n’est pas aussi limité
qu’on voudrait nous le faire croire.
De plus les dialogues du film servent davantage à exprimer
des échanges d’idées ou des états d’âme
qu’à véhiculer de simples informations. L’expression
des sentiments passe d’abord par la parole avant de se vivre
dans les actes. Et cela aussi est propre à la jeunesse, à
cet âge où les illusions ne sont pas encore dissipées
et où l’espoir de “repenser” la vie et le
monde reste encore vivace.
C’est pourquoi, je voulais mettre le spectateur en situation
optimale d’écoute, avec pour les scènes très
dialoguées, une mise en scène frontale des personnages
et un découpage classique qui placent le discours en avant
et ne renient pas la fonction théâtre que ces scènes
gardaient.
En opposition avec les mouvements des scènes où le lyrisme
devait prédominer.
Rien ne m’horripile plus que cette mode actuelle d’une
caméra qui bouge tout le temps, avec des mouvements intempestifs,
à tort et à travers, comme si le réalisateur
tentait de masquer par une virtuosité visuelle la vacuité
de son propos. J’en suis resté à la fameuse phrase
: “Le travelling est une question de morale”. D’accord
pour bouger, mais surtout si l’on sait où on va, où
l’on veut arriver. Que les mouvements de caméra soient
pensés, aient une fonction, un sens, une légitimité.
J’ai également été soucieux d’apporter
dans le choix des décors et des costumes une stylisation propre
à nourrir le décalage recherché, loin du naturalisme,
pour que la perte des repères et des critères de perception
habituels privilégient avant tout le trouble émotionnel
et les sensations vécus par les personnages. Au risque évidemment
que le spectateur qui n’adhérerait pas à une telle
démarche n’entre pas dans le film, mais c’est un
risque que j’assume.
Ensuite, en fonction du sentiment que dégageait les séquences
tournées, la structure du film a entièrement été
repensée au montage, sans tenir forcément compte du
déroulement initial du scénario, car pour moi, c’est
l’une des précieuses leçons du documentaire, c’est
le montage qui détermine la véritable écriture
du film.
Combien de temps avez-vous mis pour monter ce projet ?
Entre la toute première version du scénario
et le film terminé, quatre années de travail continu
se sont écoulées. Ma grande chance a été,
en fait, d’avoir dès le départ, le soutien de
l’équipe de France 2 Cinéma à qui j’avais
fait lire le scénario et qui l’avait aimé. Fort
de cet acquis, je suis allé voir plusieurs producteurs qui
l’un après l’autre n’ont pas réussi
à boucler le financement, qui pourtant n’était
pas lourd, car ils se sont heurtés à la suspicion qui
règne chez les grands argentiers du cinéma à
l’égard du théâtre. Il y a d’ailleurs
très peu d’adaptation de pièces dans le cinéma
français actuel, mises à part celles de Francis Veber
par lui-même, ou tout dernièrement de François
Ozon qui par deux fois en a adaptées. Ce qui n’est pas
le cas chez les anglo-saxons où le clivage théâtre
– cinéma n’est pas aussi marqué. J’ai
pensé alors un moment le produire moi-même comme je l’avais
fait précédemment pour mes documentaires, mais assurer
à la fois la production et la mise en scène d’une
fiction, surtout dans des conditions précaires m’était
beaucoup trop lourd, gardant sans cesse en mémoire la phrase
de Duras : “Il faut penser (panser) l’économie
de son désir cinématographique”.
Finalement, je suis allé voir Humbert
Balsan que je connaissais depuis longtemps puisqu’il
avait joué comme acteur dans mon premier court-métrage
: LES SENTIERS BATTUS, en lui proposant
de coproduire le film avec lui et il a accepté. Sans lui, le
film n’existerait pas, du moins dans sa forme actuelle, car
j’ai du mal à abandonner ce que j’entreprends,
sans doute de peur d’être abandonné moi-même.
La grande force d’Humbert, c’est que lorsqu’il décide
de produire un film, vous pouvez être sûr que le film
se fera. Il déploie tout son talent, son charme et son savoir
faire pour que les projets, même les plus risqués ou
les plus difficiles, voient le jour. Ce qui dans la conjoncture actuelle
est d’autant plus précieux. En plus une fois que les
moyens et les conditions du tournage sont définis, il vous
fait une entière confiance et ne vous assaille pas de pressions.
Comment s’est opéré le choix des comédiens
?
Ce que m’ont demandé les premiers producteurs,
à savoir trouver de jeunes acteurs vedettes qui faciliteraient
éventuellement un apport de financement, s’est révélé
infructueux.
D’abord parce que dans la tranche d’âge 25 –
30 ans, il y en a très peu. Ensuite parce que les scènes
de nudité et d’amour, telles que je comptais les tourner,
leur faisaient refuser de tels rôles. Comme depuis longtemps
je vais beaucoup au cinéma et au théâtre, je savais
pouvoir y trouver des jeunes acteurs et actrices qui allaient correspondre
davantage aux personnages, qui n’hésiteraient pas à
se mettre en danger, sans être soucieux d’avoir à
préserver une image d’eux-mêmes. Et j’ai
eu la chance de les trouver. Ce sont eux qui portent entièrement
le film sur leurs épaules et n’ont pas hésité
à être sans cesse sur le fil du rasoir en jouant au cinéma
avec la convention théâtrale. Ils expriment spontanément
ce langage châtié et littéraire avec une aisance
et un naturel qui prouvent tout leur talent. Ils ont, en plus très
vite chacun à leur manière, su enrichir leur personnage
et n’ont pas hésité à me suivre là
où je voulais aller, même si souvent, je suis resté
volontairement vague sur mes intentions, puisque leur rôle devait
jouer à la fois sur le contrôle de leurs inhibitions
et la perte progressive de ce contrôle. Je pense qu’ils
voguent tous vers un bel avenir.
Il y a trois phrases dans le film que
je voudrais que vous commentiez :
a) “Dis-moi, ça
fait longtemps que tu es…” t’y es pas du tout, hétéro,
homo, tout ça c’est fini, et dépassé, ça
n’a plus d’importance..., c’est seulement parce
que c’est toi, c’est tout...”.
b) “Peu importe à qui la main, si c’est
une caresse, si tout ce qu’on recherche est une réaction...”.
c) “Je veux pouvoir choisir de ne pas avoir
à choisir”.
En fait ces trois phrases sont liées et répondent
à la même logique.
Concernant la première, je pense que l’homosexualité
est une notion qui a besoin d’être largement dépassée,
dans le sens où elle est encore trop souvent un vecteur de
réprobation et de mise à l’écart. Car sous
couvert de désigner une préférence amoureuse
et sexuelle, elle ne sert que trop fréquemment encore à
perpétuer des discriminations, des moqueries et des rejets.
C’est une notion instituée socialement pour dompter le
désir et en discriminer les facettes.
Ainsi disant cela, Mécir ne veut pas se définir ou se
cataloguer comme homosexuel, non pas par peur d’assumer ses
désirs, mais plutôt pour ne pas faire le jeu de la mise
en carte sociale que représente l’opposition hétérosexualité
– homosexualité. Et pour lui, peu importe que l’être
aimé soit une femme ou un homme du moment que l’amour
vienne l’épanouir et le faire vibrer.
Un appel d’amour comme un appel d’air. Ne plus obliger
les êtres d’avoir arbitrairement à se différencier
selon leurs attirances. Contrainton un hétérosexuel
d’avoir à s’assumer ?
Lorsque j’étais étudiant en cinéma, j’adorais
suivre les cours du brillantissime Serge Daney.
Nous étions un petit groupe qui se retrouvait souvent avec
lui, autour d’une table de café, pour prolonger le plaisir
de ses cours. Un jour, il évoqua ce sujet d’une façon
très juste et qui résonne encore de tout son sens.
Bien sûr, je ne peux pas restituer ici la finesse et les développements
judicieux de son analyse, mais il estimait, en fait, que si les sociétés
avaient dans leur grande majorité rejeté et condamné
l’homosexualité, c’est parce que justement, elles
étaient, par essence, homosexuelles.
Dans le sens où toutes les structures sociales avaient été
conçues, établies, légiférées par
des hommes, en faveur des hommes, dans la préservation des
privilèges qu’ils s’étaient octroyés
pour se donner une suprématie par laquelle les femmes n’étaient
jusqu’ici que des faire valoir à leur service et mises
au second plan.
Ce n’est que depuis quelques décennies que les femmes
se sont battues pour revendiquer, exprimer et obtenir leur égalité
vis à vis des hommes. Et encore, cela me révulse de
voir comment les femmes sont toujours traitées dans de nombreux
pays et mises à l’écart sous le joug masculin.
Socialement, ce sont les hommes qui ont pris la parole au nom des
femmes et ont parlé à leur place, en imposant des structures
sociales bâties sur une misogynie assumée.
Et si justement les homosexuels ont été si durement
rejetés, c’est parce qu’ils avaient osé
se comporter comme des femmes en aimant et couchant avec d’autres
hommes, transgressant ainsi le tabou ancestral d’une société
homosexuelle qui doit taire son nom pour se perpétuer et pour
donner le change.
Ce n’est pas non plus parce que le PACS existe ou qu’il
y a des personnages d’homosexuels dans les téléfilms,
que l’homosexualité est forcément comprise. Elle
est tolérée ou admise dans le meilleur des cas, mais
comprise, j’en doute. Le fait de dire : “Untel est homosexuel”,
ce n’est pas seulement énoncer une information mais c’est
aussi et surtout une façon insidieuse détournée
ou non, d’exposer un jugement sur lui. Il n’y a qu’à
voir les arguments ou les visions homophobes qui subsistent dans l’inconscient
collectif. Ces questions ineptes qui traînent encore toutes
leurs railleries : “Qui fait l’homme, qui fait la femme,
lequel des deux est actif ou passif ?”.
Vous remarquerez d’ailleurs que lorsqu’un homme veut en
insulter un autre de façon plus marquée, il a tendance
à féminiser ses injures (gonzesse, tapette, fiotte),
comme si pour lui traiter un homme comme une femme était le
meilleur moyen de le rabaisser.
Et ce qui se trame aujourd’hui contre les femmes à propos
de cette question absurde et affreuse du port du voile ou de la bourka
n’est que l’indice effrayant du retour d’un obscurantisme
inhumain qui tisse sa toile nauséabonde. De même que,
dans certains pays, l’ignominie de la lapidation des femmes
adultères ou de la mise à mort des homosexuels.
Je me souviens dans les années 1970 d’un slogan qui était
très prisé alors : “la religion est l’opium
du peuple”. Même si cette assertion était très
discutable, elle avait au moins le mérite d’élargir
le débat. Maintenant, il me semble que nous sommes passés
d’un extrême à l’autre. Et je trouve d’ailleurs
très dangereuse la régression morale qui gagne du terrain
dans bien des domaines, ici comme ailleurs.
Pasolini disait : “L’important
n’est pas d’être accepté mais d’être
compris”. Il ajoutait aussi : “La tolérance, c’est
intolérable …”. Si effectivement, un homme en tolère
un autre, c’est qu’il s’octroie déjà
un ascendant sur lui et se sent investi d’un sentiment de supériorité
dans le but inconscient ou non d’exercer sur l’autre une
prise de pouvoir. En somme, je te tolère si tu m’obéis
ou si tu restes à l’écart. Tout doit rester dans
le non dit et l’ordre établi. Il y a toujours quelqu’un
qui se trouve désigné comme le faire-valoir, l’homme
de service de l’autre.
La seconde phrase évoque la circulation du désir qui
parcourt tout le film.
Comment le désir voyage d’un être à un autre,
d’un corps à l’autre, en ignorant la frontière
des sexes d’une jeunesse qui tente de vivre au rythme de ses
chassés croisés amoureux. Le désir n’a
pas de sexe, ou du moins les préférences, amoureuses,
sexuelles et charnelles évoluent quand la soupape des frustrations
et des inhibitions éclate un jour en remettant en question
la force d’une éducation qui, dès l’enfance,
régente, balise et contrôle le désir, et en dicte
les lois de bons et mauvais usages.
Ce que les hommes craignent, ce n’est pas tant le passage à
l’acte avec un autre homme, de vivre un jour cette expérience,
mais bien plutôt la peur d’être nommé et
catalogué comme homosexuel, d’être traité
de pédé ou d’avoir à se penser comme tel.
Pour preuve le nombre d’hommes mariés, avec femme, foyer,
enfants qui ont une double vie ou des aventures régulières
ou furtives avec d’autres hommes ou des transsexuels. Tant que
cela reste secret…
C’est toujours cette suprématie du verbe comme vecteur
de la loi qui est en jeu.
D’une loi, au sens biblique du terme, qui les contraint à
nier, refouler ou culpabiliser leurs attirances si elles sont contraires
à la norme. Ce qui devient alors pervers, c’est cette
volonté impérieuse de se fondre dans la norme, cette
envie insidieuse de conformisme qui annihile et formate la personnalité.
C’est vouloir être à tout prix ou absolument normal
qui est le plus pervers. Pour paraphraser Georges
Bataille : “La perversion, c’est la norme”.
Evidemment, il ne s’agit pas de faire du prosélytisme
ou de confondre désir et pulsions en se laissant envahir par
elles.
Mais, à mon sens, toute expérience librement consentie
par chacun de part et d’autre, pour tenter d’atteindre
l’épanouissement de l’être et la plénitude
de la volupté, ou pour tout simplement assouvir la curiosité
d’autres territoires charnels, mérite d’être
vécue, sans honte, ni culpabilité. C’est loin
d’être fréquent.
Ainsi un homme qui n’irait qu’avec des hommes, en se privant
des femmes, aurait le même manque qu’un homme qui n’irait
qu’avec des femmes et se refuserait à l’appel des
plaisirs masculins sous prétexte que la société
les réprouve. Et ceci est également valable pour les
femmes entre elles et leurs rapports aux hommes.
Je veux pouvoir choisir de ne pas avoir à choisir. Pour moi,
cette troisième phrase évoque une question fondamentale.
A-t-on vraiment le choix, même si on pense pouvoir en disposer
de tous les paramètres ? Quelle est la part du déterminisme
et du libre arbitre ? Je pense à l’aphorisme de Godard
dans son film : COMMENT ÇA VA ?
: “Le seul choix, c’est qu’il n’y a pas le
choix”.
Ce qu’exprime Paul, en fin de film par cette phrase, c’est
son désir de ne plus se soumettre à des choix imposés
pour lui, de ne plus en être ni l’enjeu, ni la cible.
Que ce soient des choix intimes, amoureux, affectifs ou des choix
de vie ou de carrière, il veut pouvoir se laisser désormais
la possibilité de les vivre sans être forcé d’avoir
constamment à choisir, en privilégiant l’un au
détriment de l’autre.
Ces trois phrases semblent replacer
l’amour dans une dimension mythique, voire dans la tradition
de l’androgynie pré-éternelle ?
Avant tout, un bref rappel. Cette dimension mythique,
telle qu’elle est notamment exposée dans LE
BANQUET de Platon, révèle
qu’au départ, la nature humaine était composée
de trois sexes : les hommes, les femmes, les androgynes.
Pour les punir d’avoir voulu escalader le ciel et défier
les Dieux, le premier d’entre eux, Zeus, modifia chacun de ses
trois sexes en les coupant en deux, les condamnant ainsi à
rechercher sans cesse leur moitié perdue pour recomposer leur
unité originelle. La quête de l’autre n’était
que la recherche effrénée du double de soi-même.
Ainsi les hommes attirés par les femmes, c’étaient
de fait les androgynes, ceux qui, à l’origine, avaient
été à la fois et en même temps, homme et
femme, et cette attirance des contraires n’avait pour but que
de réunir le même être puisque les sexes n’étaient
pas opposés.
Vu sous cet angle, cela remet bien évidemment en cause l’idée
reçue que les “hétérosexuels” seraient
les vrais garants de la virilité ; mais si vous leur dites
que leur attrait des femmes correspond à la recherche de leur
féminité perdue, ils ne pourront que s’alarmer
face à cette mise en abyme de leurs certitudes.
Toujours chez les anciens, le sens de l’amour était un
désir d’immortalité qu’ils cherchaient à
atteindre en laissant des traces d’eux-mêmes. Ces traces
pouvaient se perpétuer à la fois par des mariages charnels
et des mariages d’âmes. Pour eux, aucun de ces mariages
n’était stérile puisque le fait d’engendrer
une descendance avait autant d’importance que de transmettre
le savoir et les expériences, d’initier, par l’amour,
l’être aimé à la connaissance. Ainsi chacun
pouvait survivre aussi bien et autant dans l’âme de l’autre
que dans sa chair.
Au delà des aspects et des différences physiques qui
distinguent un homme d’une femme, j’aime beaucoup cette
idée que les prétendues valeurs masculines et féminines
ne sont pas opposées et demeurent au contraire la composante
d’un même être.
Si vous vous penchez, même furtivement ne serait-ce que sur
l’Histoire des Costumes au cours des civilisations, vous verrez
que les hommes faisaient preuve d’une grande élégance
et d’un grand raffinement et portaient des atours que même
aujourd’hui une femme n’oserait porter : colliers, pendentifs,
couleurs chatoyantes, chemises à jabot et en dentelle, perruques
ondulées, parfums capiteux, fards et maquillage, chaussures
à talons, collants moulants qui ne cachaient rien de leur anatomie…
Il est alors intéressant de constater que la vague de puritanisme
et de pudibonderie qui, peu à peu, y a mis fin, a coïncidé
avec l’essor de la révolution industrielle, quand le
corps est devenu un outil de travail à usage intensif et qu’il
ne fallait plus gaspiller son énergie dans les plaisirs charnels.
Ce sont les règles de rendement et de rentabilité qui
ont alors codifié et régulé les rapports sociaux.
Nous sommes toujours sous leur emprise.
Quelle est la part des Grandes Ecoles
et des Grands Amours ?
Est-ce que l’idée de grandeur engendre forcément
les grands sentiments ?
L’appartenance a une grande école suppose un parcours
initiatique entièrement dévolu à l’accession
de la maîtrise. Maîtrise des idées, du savoir,
mais aussi des sentiments, des émotions, dans le but ultime
de maîtriser le Pouvoir, de faire partie pour beaucoup d’entre
eux des élites dirigeantes. Aussi, pour des jeunes gens élevés
dans le moule de leurs traditions et de leur classe, comment concilier
une telle exigence avec l’avènement fiévreux d’une
passion qui risquerait de les en détourner ? Quand épanouissement
personnel et contingences matérielles, vie affective et réussite
sociale, imposent la recherche d’un fragile équilibre
constamment sur la brèche. Quand l’accoutumance à
une sélectivité à outrance fait oublier que les
règles en sont faussées d’avance. C’est
cette facette que j’ai développée dans le film
et ceux qui espéraient y trouver un aspect documentaire sur
le fonctionnement des grandes écoles seront forcément
déçus.
Pour moi qui, au quotidien, fonctionne beaucoup à l’affect,
je suis toujours très intrigué, non sans effroi, de
comprendre comment les hommes de Pouvoir arrivent à faire abstraction
de leurs sentiments dans leurs prises de décisions ou dans
leurs affaires. Comment, pour arriver à leurs fins ou préserver
leurs privilèges, ils parviennent à évacuer scrupules
et culpabilité lorsqu’il leur faut trancher, exclure,
éliminer ceux qui pourraient leur faire de l’ombre ou
barrer la route de leurs ambitions, et ce quel que soit le degré
de pouvoir qu’ils exercent.
Ce qui est en jeu dans le film, c’est que les personnages sont
confrontés à ce dilemme, en proie à un mélange
de cruauté sentimentale et de candeur naïve. Si j’ai
tenu, au début, à les plonger dans des situations clichées
ou convenues, c’est avant tout pour tenter d’en démonter
les rouages et de mettre en lumière la fonction sociale que
ces clichés recèlent, afin de discerner ensuite comment
ils allaient pouvoir s’en prémunir ou s’en accommoder.
Ainsi, ils en viennent peu à peu à brouiller les pistes
de leur comportement et de leurs pensées pour se préserver
et se protéger. Le seul à ne pas le faire, c’est
Mécir et il en est victime. Victime malgré lui de son
amour naissant alors qu’il n’est, dans un premier temps,
que le substitut de celui de Paul pour Louis-Arnault et pour Agnès.
Le grand Amour serait alors celui qui ignore les convenances et les
préjugés, les différences de classe et les conflits
religieux ou raciaux. Celui qui épanouit les êtres au
même diapason. En même temps, vouloir vivre un grand Amour,
c’est déjà l’idéaliser, le porter
à un degré d’exigence qu’il est souvent
difficile de combler et qui induit le risque de ne pas se faire aimer,
tant la puissance d’un tel amour peut effrayer celui ou celle
qui en est l’enjeu ou la cible, s’il n’est pas vécu
de part et d’autre avec la même intensité.
Quelle alternative reste-t-il alors à tous ceux qui manquent
d’amour, et ils sont très nombreux, entre ravaler l’amertume
des ressentiments et conjurer la solitude des amours contrariés,
inassouvis ou perdus ?
Le rechercher sans cesse dans l’espoir de le trouver enfin un
jour ou simplement le remplacer par des substituts amoureux, s’adonner
pleinement à une passion artistique, professionnelle, scientifique,
sportive ou se demander plutôt si le grand Amour reste vraiment
une finalité et le but suprême de l’épanouissement
?
Quand on voit la façon dont l’amour et sa représentation
ont évolué au cours des âges ; de l’amour
sacré, courtois, romantique, fou, charnel, fusionnel ou filial,
de l’altruisme au don de soi…
Que l’amour peut se vivre autrement que de façon unique
ou sans exclusive, on ne peut que banalement constater qu’il
restera indéfiniment multiforme et c’est bien mieux ainsi.
Pour conclure, j’aimerais citer ces deux répliques de
PIERROT LE FOU de Godard,
quand au bord de la plage, Jean-Paul Belmondo dit à Anna Karina
:
“Je te parle avec mes idées et tu me réponds
avec tes sentiments”, elle lui répond alors : “mais
il y a des idées dans les sentiments…”.
Robert
Salis :
Après
avoir suivi des études de cinéma à l’Université
de la Sorbonne Nouvelle, Robert Salis devient stagiaire à la
réalisation sur deux films de Marguerite
Duras : SON NOM DE VENISE DANS CALCUTTA
DÉSERT et
VÉRA BAXTER.
2003
GRANDE ÉCOLE
d’après la pièce de Jean-Marie Besset
2001
L’ARRIVÉE À NEW
YORK
avec Fabrice Luchini
d’après “Voyage au bout de la nuit” de Louis
Ferdinand Céline.
Long métrage documentaire.
1997/1998
VIVRE NU, À LA RECHERCHE DU PARADIS
PERDU
Version cinéma.
Long métrage documentaire sur le naturisme.
1992/1993
À LA RECHERCHE DU PARADIS PERDU
Version courte.
Sélectionné aux festivals de Montréal, Québec
et Namur.
1986/1991
L’ENVERS DU DÉCOR, PORTRAIT
DE PIERRE GUFFROY
Long métrage documentaire avec la participation de Nastassja
Kinski, Harrison Ford, Roman Polanski, Milos Forman, Nagisa Oshima.
Sélectionné aux Festivals de Cannes, Montréal,
Sao Paolo, Munich, Québec, Namur, Amsterdam, Karlovy Vary et
à la Biennale du documentaire de Marseille.
1985
AVEC LE TEMPS
Court métrage.
1984
À MA MANIÈRE
Court métrage.
1983
LETTRES D’AMOURS PERDUES
Long métrage.
Grand Prix du Public au festival International d’Art et Essai
d’Orléans.
1980
CHANSONS SOUVENIRS
Court métrage.
Mise en images de trois chansons de Jeanne Moreau
Sélectionné au Festival des Films du Monde de Montréal.
1978
UN FILM DE MOINS
Court métrage.
1977
LES SENTIERS BATTUS
Court métrage.
trois questions à
Jean-Marie Besset :
Quelle
place occupe GRANDE ECOLE parmi vos pièces ?
Particulière, assurément. J’ai
un petit faible pour cette pièce que j’ai mis longtemps
à écrire. Sans doute parce qu’elle trouve sa source
dans des épisodes réels de ma jeunesse, de la fin de
mon adolescence. Lorsqu’on fait des études longues, cela
prolonge d’autant l’adolescence. “Donc, m’étant
retourné, je revins sur mes pas” écrit Nizan
dans “Aden Arabie”. Moi aussi, je suis revenu sur mes
pas de la fin des années 70, sur le campus de mon école
de commerce dans une ville nouvelle de la région parisienne.
Cette intrigue sentimentale assez simple, avec ses détails,
j’y suis arrivé par le plus grand détour possible.
J’avais vécu beaucoup d’autres choses quand j’ai
fini par me repencher sur ces souvenirs-là, qui n’avaient
rien perdu de leur acuité.
Comment s’est déroulé le travail d’adaptation
et l’écriture du scénario ? la part de chacun
? Impression sur le film ?
Robert Salis est un
ami de longue date mais nous sommes très différents.
Certes, nous avons des points communs, par exemple, nous sommes méridionaux
tous les deux, et nous vivons à Paris. Il y a plusieurs années,
j’avais fait, avec un autre cinéaste, un travail d’adaptation
du même texte beaucoup plus fidèle au déroulement
de la pièce et ce projet n’avait pas abouti. C’est
donc bien conscient de cet échec ancien que j’ai abordé
le travail avec Robert, le suivant là où il m’entraînait,
et où, tout seul, je ne serais jamais allé. Le résultat,
c’est que je ne suis pas un bon juge du film, qui est vraiment
le film de Robert Salis, parce que pour
l’apprécier en tant que tel, il faudrait que j’oublie
ma pièce et ce n’est pas possible.
Dans la pièce, la dramaturgie est de type “racinien”,
c’est à dire que dès le début, on est déjà
en pleine crise : La lune de miel d’amitié entre les
deux garçons (Paul et Louis-Arnault), est terminée.
Agnès, la petite amie de Paul est dans un état d’alarme
avancé à l’idée de perdre celui qu’elle
aime. Le danger est présent d’emblée et les options
de Paul réduites. Mais cela, c’est possible au théâtre.
Le cinéma a besoin d’épouser davantage les mouvements
plus furtifs, plus imperceptibles, plus nerveux qui sont ceux de la
vie même.
On ne peut pas non plus “raconter” les circonstances,
ce qui s’est passé avant. Il faut montrer au présent.
Ainsi, la première moitié du film se situe en amont
de la pièce. Au moment où ils apprennent les résultats
des concours aux grandes écoles, Paul et Agnès sont
amants. On assiste à l’arrivée des uns et des
autres sur le campus, à la rencontre de Paul et de Louis- Arnault,
à la naissance de l’amitié comme un coup de foudre,
à l’éveil chez Paul d’un désir nouveau
pour lui -la convoitise du corps masculin. Le détachement progressif
de la belle Agnès… Toutes ces étapes sont ici
montrées, balisées, jalonnées. En cela, le film
GRANDE ECOLE n’est pas sans rapport
avec le MAURICE de James
Ivory, tiré du roman de E.M Forster,
sauf qu’il est ancré dans une réalité bien
française, moderne, un système de reproduction sociale
qui se perpétue tout en générant ses anticorps.
Le film explore aussi une piste qui n’est qu’amorcée
dans la pièce : le personnage du jeune beur qui agit comme
révélateur et déclencheur dans la trajectoire
de Paul. Dans la pièce, c’était une seule scène,
brusque, violente, où s’illustrèrent d’ailleurs
Guillaume Canet, puis Romain
Duris, dont c’étaient les premiers pas au théâtre.
Dans le film, ce personnage de Mécir a une mère, un
frère, et toute une réalité sociale, à
la fois originale (il est tendre et responsable) et concrète
dans le rapport français aux générations issues
de l’immigration.
Le film a une pente à la fois érotique, (véritable
hymne à la beauté du corps) et sentimentale qu’on
a rarement vu dévoilée de la sorte. Du coup, il touche
des zones sensibles de l’intimité et du désir,
en même temps que du malheur de la jeunesse, (y compris “dorée”).
Il est dérangeant par son audace à montrer.
Comment envisagez-vous les rapports
théâtre-cinéma ?
J’aime le fait que le cinéma ne prétende
pas singer l’ordinaire des jours. Toute idée que le cinéma
est une image de la réalité est un leurre. Même
un documentaire est un premier stade de fiction, même une caméra
de vidéo-surveillance opère un cadrage. J’ai une
définition de la réalité. La réalité,
c’est ce qui n’est pas filmé. Le cinéma,
le théâtre, tout cela n’est que de la fiction,
c’est l’art de raconter des histoires. Après, ce
n’est que qu’une question de force, de souffle, de capacité
à porter les casseroles à ébullition. J’aime
donc que GRANDE ECOLE ait gardé
des dialogues qui font sonner le verbe, qui sont l’expression
articulée d’une pensée foisonnante. J’aime
la gaucherie, le précieux de ce langage, fait non pas pour
communiquer mais pour se cacher, se retrancher. J’aime que le
film de Robert Salis me fasse penser
à celui de Cocteau LES ENFANTS TERRIBLES
dans ce qu’il a de baroque, d’exalté, dans le débordement
de la parole qui est caractéristique de cet âge-là,
20 ans, et de ses tentatives, de ses complications, de ses ardeurs.
Jean-Marie Besset :
Né à Carcassonne, Jean-Marie
Besset passe son enfance et son adolescence dans la petite ville
de Limoux jusqu’à son baccalauréat. Diplômé
de sciences économiques (ESSEC, 1981) et d’études
politiques (IEP de Paris, 1984), il partage de 1986 à 1998 son
temps entre New York, où il écrit, et la France, où
ses pièces sont jouées. En 1999-2000, il est, auprès
de Laura Pels, directeur délégué du Théâtre
de l’Atelier. En 2001, il est élu au Conseil d’Administration
de la SACD. Depuis 2002, il fait partie du comité de lecture
du Théâtre du Rond Point.
Depuis 1995, au sein de la compagnie BCDV, fondée avec Gilbert
Désveaux, il intervient dans ses spectacles à titres divers
(auteur, adaptateur, metteur en scène, interprète). A
partir de l’été 2000, la compagnie BCDV Théâtre
anime un nouveau festival de création en Languedoc, NAVA (Nouveaux
Auteurs dans la Vallée de l’Aude).
Nommé neuf fois aux “Molières” (cinq fois
comme “Meilleur auteur” et quatre comme “Meilleur
Adaptateur”), Besset est lauréat du Syndicat National de
la Critique Dramatique(1993), Prix Nouveau Talent Théâtre
de la SACD (1993), Chevalier (1995), puis Officier (2002) des Arts et
Lettres, Prix du Jeune Théâtre de l’Académie
Française (1998).
Il est l’auteur de VILLA LUCO
(1984), LA FONCTION (1985),
FÊTE FOREIGN (1986),
CE QUI ARRIVE ET CE QU’ON ATTEND
(1988), GRANDE ÉCOLE
(1990), MARIE HASPARREN
(1992), UN CŒUR FRANÇAIS
(1995), BARON (1997),
COMMENTAIRE D’AMOUR (1998),
L’ECOLE DE NEW YORK
(2000), REPARATION (2002).
Il a également adapté de l’anglais LE
BONHEUR DES AUTRES (BENEFACTORS de Michael Frayn ; 1988),
LE MALIN PLAISIR (THE
SECRET RAPTURE de David Hare ; 1989 ; Théâtre de l’Atelier
2000), MOULINS À PAROLES (TALKING
HEADS d’Alan Bennett ; 1990 ; avec Annie Girardot, Tsilla Chelton
2001), QUELQUE CHOSE DANS L’AIR
(HAY FEVER de Noël Coward ; 1991), LA
NOURRITURE DU FEU (THE SUBSTANCE OF FIRE de Jon Robin
Baitz ; 1992), DANSER À LUGHNASA
(Brian Friel ; 1992), L’ONCLE PAUL
(UNCLE BOB d’Austin Pendleton ; 1995), ARCADIA
(Tom Stoppard ; 1995 ; Comédie Française 1998), UN
TRAMWAY NOMME DESIR (Tennessee Williams ; 1997 ; avec
Caroline Cellier), GRAND GALOP
(Mary Louise Wilson & Mark Hampton ; 1997), LE
BEL AIR DE LONDRES (LONDON ASSURANCE de Dion Boucicault
; 1998, avec Robert Hirsch), COPENHAGUE
(Michael Frayn ; 1998. MOLIÈRE
1999 Meilleur adaptateur), OUTRAGE AUX
MŒURS (Moisès Kaufman; 2000), L’INVENTION
DE L’AMOUR (Tom Stoppard ; 2001), TOKYO
BAR (T. Williams, 2002), et TROIS
JOURS DE PLUIE (Richard Greenberg, 2002).
En collaboration avec l’auteur américain Mark O’Donnell,
il a adapté en anglais A FLEA IN
HER EAR de Georges Feydeau (Roundabout Theatre, New
York, Fev-Mai 1998).
Pour le cinéma, il a signé le scénario original
du film d’Ismael Merchant, LA PROPRIETAIRE,
avec Jeanne Moreau. Il a également développé plusieurs
scénarios à partir de ses pièces, dont
GRANDE ECOLE, réalisé par Robert Salis
(sortie France : jan. 2004), et COMMENTAIRE
D’AMOUR (en projet).
VILLA LUCO.
Création Théâtre National de Strasbourg, mai 89,
m.e.s. Jacques Lassalle, avec Hubert Gignoux (Pétain), Maurice
Garrel (De Gaulle), et Jean-Marie Besset (Le Lieutenant). Reprise au
Théâtre Paris-Villette (nov.89/janv.90). Deux tournées
en France et Belgique, 1990.
LA FONCTION.
Création Studio des Champs Elysées, Paris, oct.-déc.90,
m.e.s. Patrice Kerbrat, avec Sabine Haudepin, Pierre Vaneck et Jacques
Bonnaffé. Deux nominations aux Molières 1990, dont celle
de “Meilleur Auteur”. Présentée en Hollande
par le Toneelgroep Amsterdam, DE FUNCTIE a reçu le prix de la
critique des Pays Bas au titre de “Meilleur Pièce Étrangère
de la saison 90-91”.
CE QUI ARRIVE ET CE QU’ON ATTEND.
Création Gaîté-Montparnasse, Paris, 9 mars 93, m.e.s.
Patrice Kerbrat, avec Sabine Haudepin, Marie-France Pisier, Christophe
Malavoy et Samuel Labarthe. Spectacle repris au Théâtre
des Mathurins le 28 jan. 94 avec Judith Magre.
Prix du syndicat de la critique comme Meilleur Création Française,
Prix Nouveau Talent Théâtre de la SACD (Juin 93). Quatre
Nominations aux Molières 94 dont “Meilleur Auteur”
et “Meilleur Spectacle”.
Version américaine de Hal J.Witt (“What You Get and What
You Expect”) créée au NEW YORK THEATER WORKSHOP,
février-avril 2000, m.e.s. Christopher Ashley.
Version anglaise de Jeremy Sams créée en juillet 1998
au Lyric Hammersmith, Londres, m.e.s. Thierry Harcourt.
FÊTE FOREIGN.
Création Gaîté Montparnasse, Paris, sept. 94, m.e.s.
Geneviève Mnich, avec Danièle Delorme.
GRANDE ÉCOLE.
Création UBU Repertory Theatre, New-York, mars 92, (“The
Best of Schools”), m.e.s. Evan Yionoulis, avec Mira Sorvino, Gil
Bellows...
Première française, nov. 95 au Théâtre 14,
Paris, m.e.s. Patrice Kerbrat, avec Robert Plagnol, Gilbert Désveaux,
Guillaume Canet. Reprise Comédie de Paris (mars-mai 96). Nomination
“Meilleur Auteur” aux Molières 96.
UN CŒUR FRANÇAIS.
Création Centre d’Art Dramatique d’Orléans,
sept. 96, m.e.s. Patrice Kerbrat. Reprise Théâtre Hébertot,
Paris, oct.- déc. 96, qui vaut à Maïa Simon une nomination
“Meilleure Actrice dans un Second Rôle” aux Molières
97.
COMMENTAIRE D’AMOUR.
Création au Théâtre Tristan Bernard, Paris, août
2000, m.e.s. Jean-Marie Besset & Gilbert Désveaux, avec Nathalie
Cerda & Laurent Lucas. Nomination “Meilleur Auteur”
aux Molières 2001.
MARIE HASPARREN.
Création au Théâtre 14 – Jean-Marie Serreau,
Paris, janv-mars 2001, m.e.s. Jacques Rosner, avec Florence Darel, Gilbert
Désveaux, Jean-Marie Besset… et Jean Négroni (Nommé
“Meilleur Acteur dans un Second Rôle” aux Molières
2001). Reprise à l’Espace Pierre Cardin, Paris, février-avril
2002. Nomination “Meilleur Auteur” Molières 2002.
BARON.
Création au Théâtre Tristan Bernard, Paris, août-nov.
2002, m.e.s. Jean-Marie Besset & Gilbert Désveaux, avec Maxime
Leroux, Christine Gagnieux, Eva Darlan, Joel Demarty, Pierre Aussedat
et Stéphan Guérin-Tillié.
liste artistique :
Paul : GREGORI
BAQUET
Agnès : ALICE
TAGLIONI
Louis-Arnault : JOCELYN
QUIVRIN
Emeline : ELODIE NAVARRE
Chouquet : ARTHUR JUGNOT
Mécir : SALIM
KECHIOUCHE
avec la participation amicale de
Mme Chouquet : EVA DARLAN
Le journaliste incarcéré : LAKSHANTHA
ABENAYAKE
Un ouvrier chantier Flash back : YASMINE
BELMADI
Un invité : JACQUES
COLLARD
Le chef de chantier : JO
PRESTIA
avec
Le frère de Mécir : JAMAL
HADIR
Un professeur : GILBERT
DÉSVEAUX
L’entraîneur de water polo : ARNAUD
BINARD
L’étudiant Start up : ADAM
JODOROWSKY
Le père de Paul : JEAN-MICHEL
CANNONE
La mère de Mécir : HANIFA
MIZI-ALLAOUA
La mère de Louis-Arnault : EVA
SAINT-PAUL
Le père de Louis-Arnault : JEAN-LOUP
WOLFF
L’aumônier : ERIC
SEIGNE
Le directeur Grande Ecole : PIERRE
AUSSEDAT
L’agresseur en smoking : NICOLAS
LAUGERO
Un ouvrier chantier Flash back : ADEL
BENCHERIF
Le chauffeur de taxi : PATRICK
GOAVEC
Grégori
Baquet (Paul) :
AU
CINEMA :
1991
• LA REINE BLANCHE
de Jean Loup HUBERT
1994
• L'IRRESOLU de
Jean Pierre RONSSIN
2000
• ÇA IRA MIEUX DEMAIN
de Jeanne LABRUNE
2003
• GRANDE ECOLE
de Robert SALIS
COURT ET MOYENS MÉTRAGES
:
1991
• LA VIE DES MORTS de
Arnaud DESPLECHIN
1994
• 3000 SCENARIOS CONTRE UN VIRUS
de Paul BOUJENAH
RÉALISATION :
• TATOO : scénario
de Grégori BAQUET
AU THEATRE
:
• FESTIVAL DE MEGEVE (89) : 4 spectacles de
MOLIERE
• CANDIDE T.E.P.
• SPECTACLE DE SCENE, dont HAMLET,
PHEDRE. T.E.P.
• FESTIVAL DE MEGEVE (89) :
HERAULT DE SECHELLES
( m.e.s. Karim SALAH)
LE ROMAN DE RENARD
( m.e.s. Grégori BAQUET)
ROBINSON CRUSOE
(rôle titre m.e.s. Karim SALAH)
• LE MENTEUR :
m.e.s. Grégori BAQUET
• EN ATTENDANT LES BŒUFS
: m.e.s. Gérard CAILLAUD, Théâtre des Mathurins
• CETTE VACHE DE MARIE
: m.e.s. Marie Claire VALENE, Théâtre Fontaine
• LES ANNEES TWIST
: m.e.s. Roger LOURET, Tournée + Folies Bergères
• ANNEES ZAZOU
: m.e.s. Roger LOURET, Folies Bergères
• L'ARLESIENNE
: m.e.s. Roger LOURET, Folies Bergères
• LE FAISEUR :
m.e.s. Françoise PETIT, Tournée
• ROMEO ET JULIETTE
: Comédie Musicale, Palais des Congrès et tournée
• LA BELLE MEMOIRE
: m.e.s. Alain SACHS, Théâtre Hebertot
MISE EN SCÈNE :
• LES INSOLISTES
: Tournée
A LA TELEVISION :
• FLEUR BLEUE
: O. LANGROIS, J.P. RONSSIN
• DES EPINARDS DANS LES BASKETS
: Pierre CAVASSILAS
• FOUS-MOI LA PAIX AMELIE
: Selim ISKER
• LYCEE ALPIN
: B. DUBOIS, L. LEVY
• LES COMPAGNONS DE L'AVENTURE
: B. DUBOIS
• EXTREME LIMITE
: B. UZAN, K.BIEDERMANN
• CONFESSIONS D'ADOLESCENTES
: Réal.
• UNE FEMME D'HONNEUR
: (rôle récurrent) 17 Episodes
• L'AMI DE MON FILS
: M. SARRAUT
• REPRISE : LES VACANCES DE L'AMOUR
• SENS DESSUS DESSOUS : JOSÉPHINE
ANGE GARDIEN, David DELRIEUX
EN MUSIQUE :
• ALBUMS
- LES ANNEES TWIST
- EXTREMES LIMITES
- DONNE MOI (Single)
• REALISATION CLIP
- DONNE MOI
• Choriste dans les Chœurs de
L'ARMEE FRANCAISE
FAUST BERCY en Mai 1991
Alice
Taglioni
(Agnès)
:
AU
CINEMA :
2001
• LE PHARMACIEN DE GARDE
de Jean VEBER
• DECALAGE HORAIRE de
Danièle THOMSON
• LA BANDE DU DRUGSTORE
de François ARMANET
2002
• LE CŒUR DES HOMMES
de Marc ESPOSITO
• RIEN QUE DU BONHEUR
de Denis PARENT
• BROCELIANDE
de Doug HEADLINE
2003
• UN AUTRE QUE MOI de
Laurent TIRARD
• GRANDE ECOLE
de Robert SALIS
AU
THEATRE :
2003
• EURYDICE, Théâtre
du Gymnase
• DEVINEZ QUOI ?
m.e.s. Bernard MURAT, Théâtre du Palais Royal
A LA TELEVISION :
2000
• LE SECRET D’ALICE,
Réal. M. PERROTTA avec Michel LEEB
• CONFUSIONS de
Vincenzo MARANO
• QUATRE COPAINS de
Stéphane KURC
• VOYANCE de Vincenzo
MARANO
2001
• P.J. (épisode
52) de Gérard VERGEZ
• TON TOUR VIENDRA
de Harry CLEVEN
2002
• JOANNA EST REVENUE
(Les Enquêtes d’Eloïse Rome) de Christophe DOUCHAND
2003
• LA CROIX ETOILEE (Franck
Riva) de Patrick JAMAIN
• TRAPPED (Adventure
INC) de Dennis BERRY
Jocelyn Quivrin
(Louis-Arnault) :
AU CINEMA :
1992
• LOUIS ENFANT ROI de
Roger PLANCHON, Sélection officielle Cannes 1993
1993
• LE KRASH RECORD
de Dominique CHAMPETIER
1994
• FIESTA de Pierre
BOUTRON
• AU PETIT MARGUERY
de Laurent BENEGUI
• OPTION CINÉMA de
Patrick VOLSON, Moyen métrage
1996
• AU BOUT DE LA NUIT
de Etienne FAURE
• COUNTRY BOY de
Raphaël SCHNEIDER et Sébastien LAFARGE
1997
• LAUTREC de Roger
PLANCHON
• ELIZABETH I
de Shekhar KAPUR
• LA LEÇON DE MONSIEUR
PAILLASSON de Michel FESSLER
1998
• PEUT-ÊTRE
de Cédric KLAPISCH
• NOËL EN FAMILLE de
Aruna VILLIERS et F. BERTHAUD
1999
• SANS PLOMB de
Muriel TEODORI
• LE PROF de Alexandre
JARDIN
• PIERRE MÉGEMONT,
BEFSCHNARGE
2000
• FÉROCE
de Gilles de MAISTRE
2001
• QUI VEUT DEVENIR UNE STAR ?
de Patrice POOYARD
2002
• SANS ELLE de
Anna de PALMA
2003
• L’OUTREMANGEUR
de Thierry BINISTI
• GRANDE ÉCOLE
de Robert SALIS
AU THEATRE :
1998
• DO YOU LOVE ME
de Redjep MITROVISTA, Festival d’Avignon
2003
• L’ÉVENTAIL DE LADY
WINDERMERE, Msc. François-Louis TILLY, de Oscar
WILDE
A LA TELEVISION :
SÉRIE TÉLÉVISÉE
:
1991
• CŒUR POUR CŒUR : BESOIN
DE PERSONNEde Nicolas LUBLIN
1997
• DOSSIERS DISPARUS
de Frédéric DEMONT
1998
• EMBARQUEMENT IMMÉDIAT
de Aline ISSERMANN
1999
• CHÈRE MARIANNE
de Pierre JOASSIN
• P J de Gérard
VERGEZ
• MAIGRET HÉSITE
de Denys GRANIER DEFERRE
• JULIE LESCAUT
de Alain WERMUS
TÉLÉFILM :
1990
• LES COMPAGNONS DE L’AVENTURE
de Christophe ANDREI
• PORT BREAC’H
de Pierre GOUTAS
1994
• VANESSA ET LA PETITE DORMEUSE
de Philippe TRIBOIT
1995
• CLARA ET SON JUGE
de Joël SANTONI
• MYLÈNE
de Claire DEVERS
1996
• HISTOIRE D’HOMMES
de Olivier LANGLOIS
• COMME UN MALAISE
de Pierre LARY
1997
• LE TEMPS DES SECRETS
de Daniel VIGNE
• LUTTE ANTI TABAC
de Marion VERNOUX
1998
• LOTO de Cédric
KLAPISH
• UN POIDS LOURD
SUR LA CONSCIENCE de
Alain WERMUS
• LA BANQUISE
de Pierre LARY
• LE DERNIER MOT
de Sébastien GRALL
• 20ÈME SIÈCLE
de Hélène GETTARY
1999
• FREEYOP (PUB)
de Bertrand BLIER
• L’OMBRE D’UN DOUTE
ded Gilles BEHAT
2000
• RASTIGNAC de
Alain TASMA, Prix d’Interprétation Masculine au Festival
de Luchon 2001
2001
• CLÉMENT de
Emmanuelle Bercot
• NANA de
Édouard MOLINARO
• L’ENFANT DES LUMIÈRES de
Daniel VIGNE
Salim
Kechiouche
(Mécir)
:
AU
CINEMA :
1996
• A TOUTE VITESSE
de Gaël MOREL
1999
• LES AMANTS CRIMINELS de
François OZON
2003
• GIGOLO avec
Amanda Lear, moyen métrage de Bastian SCHWEITZER
• TROIS DANSES D’ESCLAVES
de Gaël MOREL
• GRANDE ECOLE de
Robert SALIS
A LA TELEVISION
:
Il a joué en 1999
dans le téléfilm de Gaël Morel PREMIERES
NEIGES diffusé sur ARTE. On a également pu le
voir dans MALONE réalisé
par Franck Apprederis et il tournera prochainement dans un téléfilm
réalisé par
Christian Bonnet.
AU THEATRE :
• LES DERNIERS JOURS DE L’HUMANITE
de Karl KRAUS
• VIE ET MORT DE PASOLINI de
Michel Azama, m.e.s. Jean MENEAUD
Salim Kechiouche a été
également vice-champion
de France de boxe thaïlandaise
en 2002.
Élodie
Navarre
(Émeline)
:
AU
CINEMA :
1996
• LOVE ETC…
de Marion VERNOUX
1998
• MES AMIS de
Michel HAZANAVICIUS
• SCENE DE CRIME
de Frédéric SCHOENDOERFFER
1999
• LE
PROF de Alexandre JARDIN
2001
• A LA FOLIE… PAS DU TOUT
de Laetitia COLOMBANI
2002
• GOMEZ ET TAVARES
de Gilles PAQUET-BRENNER
• JEUX D’ENFANTS de
Yann SAMUELL
2003
• GRANDE ECOLE
de Robert SALIS
• LE SOUFFLEUR
de Guillaume PIXIE, (en tournage)
COURTS MÉTRAGES ET MOYENS MÉTRAGES
:
1995
• ETAT DE CHOC
de David et Renaud
1996
• JEUNES TALENTS ADAMI 1996
de Brigitte ROÜAN
1997
• LUTTE ANTI TABAC
(publicité) de Marion VERNOUX
• ON IRA, (clip
de Jean-Jacques Goldman) de Gilbert NANIAND
1998
• LE VOLEUR D’ETOILES
de Philippe MONPONTET
1999
• UNE HEUREUSE RENCONTRE
de Emmanuel PAULIN
2000
• C’EST PAS TOUS LES JOURS
MARRANT de Christophe TURPIN
• LES VACHES NOIRES
de Gilles PAQUET
2003
• L’ESPOIR
de Vincent VESCO
AU THEATRE :
2000
• LES FAUSSES CONFIDENCES
de Marivaux, m.e.s. Gildas Bourdet
• ON NE BADINE PAS AVEC L’AMOUR
de Alfred de Musset, m.e.s. Jean Louis Bihoreau
A LA TELEVISION :
1995
• CLARA ET SON JUGE
de Jacques SANTONI
1997
• TANGIER COP
(tournage en anglais) de S. WHITTAKER
1998
• LA ROUTE A L’ENVERS
de Chantal PICAULT
• UNE MAUVAISE PASSE
de Diane BERTRAND
1999
• APPRENTISSAGE DE LA VILLE
de Gérard MORDILLAT
2000
• FATOU LA MALIENNE
de Daniel VIGNE
2001
• UN AMOUR EN KIT
de Philippe DE BROCA
• L’INSAISISSABLE
de Elisabeth RAPPENEAU
2002
• FRUITS MURS de
Luc BERAUD
2003
• PIERRE ET JEAN de
Daniel JEANNEAU
• PREUVES D’AMOUR de
Philippe VENAULT
Arthur
Jugnot (Chouquet)
:
AU
CINEMA :
2000
• LA MAITRESSE EN MAILLOT DE BAIN
de Lyece BOUKHITINE
• MEILLEUR ESPOIR FEMININ
de Gérard JUGNOT
2001
• MONSIEUR BATIGNOLE
de Gérard JUGNOT
2003
• GRANDE ECOLE
de Robert SALIS
A LA TELEVISION :
2000
• OBJECTIF BAC
de Patrick VOLSON
2001
• RED EYE de Mikaël
DAMIAN
2002
• LES GRANDS FRERES
de Henri HELMAN
2003
• SOS 18 de Jacques
MALATERRE
COURT-METRAGE :
2000
• LE JOUR DE GRACE
de Jérôme SAL
AU THEATRE :
1999
• KING-KONG PALACE
: Acteur et Metteur en scène. Festival de Théâtre
de Lauris.
2000
• BALL TRAP
de Xavier DURRINGER, m.e.s Sandrine RIGAUX, Rôle de Muso, Théâtre
Guichet Montparnasse, Tournée.
• PETIT PRINCE NIGAUD,
Création/Spectacle pour Enfants, Festival “Osez la danse”.Yseure.
2001
• LE MONDE EST PETIT… LES
PYGMEES AUSSI de Philippe BRUNEAU, m.e.s. Arthur JUGNOT,
Théâtre de Nesles, Festival d’Avignon
• SPECTACLE DE JERÔME COMMANDEUR,
m.e.s. Arthur JUGNOT
• TOUT LE MONDE Y VA
MISE EN SCENE :
2003
• COMMANDEUR & GOUDE,
Palais des Glaces
• MAGICIEN (S) TOUT EST ÉCRIT,
Comédie de La Passerelle
liste technique :
Réalisateur
: ROBERT SALIS
Producteur : HUMBERT
BALSAN
Scénario et dialogues : ROBERT
SALIS, JEAN-MARIE BESSET,
d’après la pièce de JEAN-MARIE
BESSET “GRANDE ÉCOLE”
(Editions Actes Sud Papiers)
Image : EMMANUEL SOYER
Cadre : FRANCOIS ABOUT
Son : GEORGES PRAT,
EMMANUEL LEGALL
Décors : ARNAUD
ROTH
Costumes : DOMINIQUE
BORG
Montage : CATHERINE
SCHWARTZ
Montage Son : JEAN
NOËL YVEN, PATRICE
GRISOLET
Mixage : FLORENT LAVALLEE
1ere assistante réalisateur : SONIA
JANIN
Régie : SYLVAIN
BLACHE
Scripte : SOPHIE DELAHAYE
Conseillère artistique : NATALIE
BALSAN
Musique originale : ERIC
NEVEUX
Une co-production : OGNON
PICTURES – FRANCE
2 CINÉMA – EDEN
FILMS
En association avec Gimages 6
Avec le soutien de la Région
Ile-de-France
France – 35mm – Couleur –
1.85 – Dolby SR et SRD – 1h50
|