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Qu’est-ce qui vous touche dans le cinéma de Claude Miller ?
Julie
Depardieu - Claude
Miller est quelqu’un de très sincère, de très
sensible, qui voit tout ce que les autres ne voient pas. Des choses
particulières sur les fragilités, les failles des
êtres. C’est ce qui fait que son cinéma est particulier.
C’est un homme de l’émotif. C’est rare.
Il
s’attaque au mystère des gens. Le personnage de Jeanne-Marie
souffre. Elle est éperdument amoureuse de Julien. Un amour
démesuré. Et lui, ne la regarde même pas. Elle
fait partie des
meubles. Dans La Petite Lili, Claude Miller sait également
montrer le désarroi d’une actrice interprétée
par Nicole Garcia, celui de Simon, un vieil homme qui pense à
la mort, joué par Jean-Pierre Marielle ou encore l’ambition
de Lili incarnée par Ludivine Sagnier.
Brice, le cinéaste confirmé qui a les traits de
Bernard Giraudeau, explique à Jeanne-Marie qu’elle
est l’une des personnes les plus intéressantes de l’Espérance,
que les seconds rôles sont souvent les plus beaux. Partagez-vous
son avis ?
J. D. - Les seconds rôles on les attribue souvent aux gens qui ont du tempérament. Mais tous les acteurs du monde, même les figurants, se sentent des premiers rôles ! Et moi, je me sens surtout actrice de ma vie !
Dans La Petite Lili il y a également des discussions sur le cinéma avec les clichés amusants qui tournent autour des acteurs de composition d’autrefois et des acteurs d’aujourd’hui qui jouent «plus naturel». Dans quel registre vous situez-vous ?
J. D. - J’aime la force de l’émotion qu’il y a par exemple dans les films de Pialat. Je n’aime pas trop les gens qui composent. Ce qui m’intéresse c’est le point de vue, la mise en scène, et les acteurs sublimés par ce point de vue. Miller a une façon flottante de poser sa caméra, il laisse la liberté aux acteurs, il est à l’écoute de ce qu’on lui propose, et il en tire une poésie douce.
Quel est le personnage qui vous touche le plus dans La Petite Lili ?
J.
D. - Simon,
interprété par Jean-Pierre Marielle. J’étais
d’ailleurs toujours fourrée à côté
de Marielle ! Il était obligé de se farcir ma présence
! Marielle a un esprit que j’aime beaucoup, style zazou années
cinquante. Il y a Mado aussi. Elle me touche dans sa peur de ne plus
séduire et dans sa fragilité.
Une petite fille désespérée de ne plus avoir
20 ans ! Chez Tchekhov, les êtres ont toujours des aspirations
grandes, hautes, et la vie les tue.
Aimeriez-vous interpréter La Mouette au théâtre ?
J. D. - Oui, mais je l’ai tellement vue massacrée par des Français que cela me plairait de la jouer avec des Slaves. Et je resterai sur le rôle de Macha, Jeanne-Marie.