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Selon vous qui est vraiment Julien ?
Robinson Stévenin - Un personnage qui exprime à travers sa voix, ses croyances, sa manière d’être et ses ambitions, des choses que je pourrais penser. Quand on est tout petit et que l’on crée, il y a un moment donné où cela devient votre propre univers, dans lequel personne ne peut pénétrer. Lorsque La Petite Lili débute, Julien sort de cette période-là et va montrer son travail au monde. Son court-métrage, il l’a fait avec son cœur et le défend avec force devant le cercle familial.
Vous aimez sa nature pure et dure ?
R. S. - Oui. Mais je suis quelqu’un de plus modéré en paroles, pas en pensées. J’aimerais, à 22 ans, aller aussi loin que Julien. Il a une révolte, une violence vis-à-vis de lui-même. Il a besoin de prendre son indépendance. À travers la projection de son court-métrage il cherche à affirmer cette indépendance, sa vision propre des choses afin qu’on l’accepte comme un adulte. Mais le problème, c’est que sa mère, Mado est hyper-possessive. Elle veut tout contrôler.
Julien est également en révolte contre Brice, l’amant de sa mère et réalisateur à succès.
R.S. - La façon d’exister de Julien, c’est de combattre. Il y a différentes familles de cinéma. J’ai un père acteur et réalisateur. Je veux faire ma vie à moi, sans forcément aller jouer dans les films des copains de mon père ! J’ai envie de faire mes propres choix, sans demander l’avis de mes parents. Ils n’ont le droit de voir que le résultat de mon travail.
Vous avez débuté très jeune le métier d’acteur.
R. S. - J’ai fait mon premier film à 8 ans dans La Révolte des enfants. Puis, à 14 ans, j’ai joué dans Le Bel Été 1914 de Christian de Chalonge. Et puis j’allais parfois sur les tournages de mon père… Ce n’était pas la garderie. C’étaient des moments d’extrême liberté. J’allais et venais sans contrainte sur le plateau. J’ai appris, très tôt, l’autodiscipline.
Vous avez déjà réalisé un joli parcours de comédien, avec entre autre le rôle d’un méchant garçon dans Mauvaises fréquentations de Jean-Pierre Améris et celui d’un travesti dans Mauvais genres de Francis Girod pour lequel vous avez reçu un césar.
R. S. - Je suis heureux de tous mes films… Mais, bizarrement, je ne me considère pas comme un acteur et pourtant je ne me vois pas faire un autre métier ! Passer de l’autre côté de la caméra me tente. Faire un film c’est montrer des moments de vie, petits bonheurs ou petits ratages que l’on a observés et que l’on peut retranscrire avec force à travers l’image, la musique, les mots. Réaliser un film c’est faire un voyage intérieur, en parler aujourd’hui ce serait comme fermer des portes à l’imaginaire.