En quelques dates

1995 Projection à Buenos Aires de “Historias Breves” (12 courts métrages produits par L’Institut National du Cinéma et des Arts Audiovisuels).
Naissance d’une nouvelle génération de metteurs en scène provenant pour la plupart d’écoles de cinéma. Lucrecia Martel, Adrian Caetano, Daniel Burman, Ulises Rosell, Bruno Stagnaro, Sandra Gugliotta et Jorge Gaggero apportent un regard
différent sur l’Argentine d’aujourd’hui.
Leur caractéristique : L’HÉTÉROGÉNÉITÉ.
Des coûts de production moins élevés, l’application de la nouvelle loi sur le cinéma et une nouvelle génération de critiques entraînent une coupure “esthétique” dans le paysage cinématographique argentin.

1996 La sortie de “Pizza, Birra y Faso” de Adrian Caetano et Bruno Staganaro est une date
transitoire pour le cinéma argentin.
L’important, c’est l’histoire. Le cadre social reste au second plan, et laisse surgir les contrastes de l’Argentine des années 90.

1999 “Mundo Grua” de Pablo Trapero, sort sur les écrans, se rapprochant de “Pizza, Birra y Faso” dans sa manière de mêler fiction et documentaire. La ville se transforme en une scène géante, à la manière du Néoréalisme italien, ou de la Nouvelle Vague française.

2001 Lucrecia Martel apporte, avec “La Ciénaga”, une vision de son Salta natal, où l’ennui, le racisme et l’autoritarisme rythment la vie de ses personnages. La dimension philosophique du film transcende et sonde involontairement la décadence de la classe moyenne argentine.

2002 Adrian Caetano revient avec “Bolivia” et “Un oso rojo” dans lesquels il tente de mélanger les genres (film noir et western).
Avec “El Bonaerense” (Sélection Officielle Festival de Cannes 2002 - Un Certain Regard) Pablo Trapero raconte un autre apprentissage : comment devenir policier dans une banlieue argentine.
De nouveau, la banlieue sert de cadre au déroulement de
l’histoire.


Le point commun de tous ces films…

Ce qui lie les jeunes cinéastes de cette nouvelle vague argentine, c’est qu’ils ne se proposent pas de retranscrire purement et simplement la réalité mais de s’en servir pour raconter une fiction. La réalité sert de cadre. Ils s’imprègnent d’une Argentine marquée par les changements sociaux, les contrastes, la décadence des institutions politiques, mais néanmoins encore riche culturellement.

Tan de repente ne ressemble à aucun des autres films cités précédemment. Diego Lerman utilise le voyage pour nous raconter son histoire : la ville, la route, la mer, une autre ville et un point commun : la solitude au gré d’une géographie imprécise où l’humour et l’ironie semblent être une manière d’exorciser un quotidien qui a déjà touché le fond et ne peut maintenant que s’éclaircir.

Lita Stantic