Synopsis

Pour Dondup, il n'est pas question de passer le reste de sa vie comme fonctionnaire dans ce minuscule village des montagnes du Bhoutan. Il rêve de partir faire fortune aux Etats-Unis. Pour cela, il ne lui manque qu'un visa, qu'il doit aller chercher dans une lointaine grande ville. Contraint de s'y rendre à pied, Dondup chemine avec un vendeur de pommes et un moine qui, jouraprès jour, lui conte l'histoire de Tashi, un jeune fermier qui lui aussi, voulait coûte que coûte changer sa vie, mais vit ses plans modifiés par une rencontre amoureuse. Lorsqu'un marchand et sa très belle fille se joignent aux marcheurs, la fable du moine prend une dimension aussi étrange que fascinante. Cette histoire de désir, d'ambition et de meurtre trouve soudain chez Dondup un écho qui va changer son destin...

Note de production

VOYAGEURS ET MAGICIENS est le premier long métrage entièrement produit et réalisé au
Bhoutan, un petit royaume préservé situé au coeur de l'Himalaya, à la frontière sud du Tibet. Khyentse Norbu, le réalisateur, explique : «VOYAGEURS ET MAGICIENS nous plonge au coeur de deux destins que l'on découvre parallèlement et qui se répondent. Nous suivons deux hommes, deux vies qui avancent et découvrent l'amour, la valeur des rêves et les risques de l'ambition...»

UNE FABLE AUX CONFINS DU MONDE

C'est dans les paysages magnifiques et inédits du
Bhoutan que le tournage a commencé le 29 septembre 2002. Plus de 108 personnes, acteurs et techniciens originaires de ce pays, mais aussi d'Australie, d'Allemagne, d'Inde, du Canada et des Etats-Unis, sont venues travailler avec le cinéaste Khyentse Norbu. La volonté du scénariste-réalisateur était de permettre aux
Bhoutanais de l'équipe d'acquérir auprès de leurs collègues, des professionnels internationaux, une solide expérience et une inspiration qui leur permettront de produire dans le futur des films
Bhoutanais d'aussi grande ampleur. VOYAGEURS ET MAGICIENS a été entièrement tourné dans le dialecte dzongkha, la langue officielle du
Bhoutan. Durant le tournage, le premier dictionnaire officiel dzongkha a été créé. Comme peu de membres de l'équipe parlaient cette langue, il a fallu la leur enseigner grâce à un coach dialogues présent sur le plateau. Le film a été tourné selon l'esprit et les traditions du pays, et bien des décisions concernant le tournage ont été déterminées par le mo, une méthode ancienne de divination pratiquée par des lamas spécialement formés. Le mo a dicté la distribution des rôles, le choix de l'équipe technique, et même la date du premier jour de tournage. Le scénariste-réalisateur Khyentse Norbu est également l'un des principaux lamas incarnés de la tradition bouddhiste tibétaine, et fait partie de l'une des familles les plus nobles du Bhoutan. En accord avec ses croyances, des cérémonies religieuses bouddhistes, les pujas, se sont déroulées tout au long du tournage afin d'écarter les difficultés, de repousser les démons locaux et de placer le film sous d'heureux auspices.

VIVRE POUR DIRE ET PARTAGER

Comme dans LA COUPE, le premier film de Khyentse Norbu, les acteurs de VOYAGEURS ET MAGICIENS ne sont pas des professionnels. La distribution rassemble des gens venus des quatre coins du pays, notamment un moine formé aux mathématiques pures, un chercheur faisant partie d'une cellule de réflexion stratégique gouvernementale, des employés de la télévision Bhoutanaise, le dirigeant des banques et des institutions financières du pays, un colonel de la garde du roi, un directeur d'école, des élèves, des fermiers et des gomchen - des médecins-philosophes pratiquant la méditation. Le réalisateur note : «Même si aucun de mes acteurs n'avait jamais joué auparavant, ils se sont passionnés et investis totalement dans le film et lui ont donné le meilleur d'eux-mêmes. Ils ont fait appel à tout ce qu'ils ont vécu pour raconter cette histoire.»

Dondup

Khyentse Norbu explique : «Le personnage de Dondup incarne la modernisation du Bhoutan. Tshewang Dendup travaille à la télévision Bhoutanaise et symbolise merveilleusement cette transition. Il a un fils qui vit à Toronto, des affiches de Che Guevara et de John Lennon dans son salon, et il porte le vêtement traditionnel, le gho, mais c'est le seul que je connaisse qui soit fait en jean ! On le voit d'ailleurs dans le film. Tshewang a également une profonde connaissance de la culture de son pays.» Tshewang Dendup raconte sa rencontre avec le réalisateur : «Khyentse Norbu s'apprêtait à conduire une cérémonie religieuse devant 25 000 personnes. Je me trouvais là dans le cadre de mon travail, pour couvrir l'événement. Quand il m'a fait signe, j'ai pensé qu'il allait me réprimander parce qu'il y avait neuf caméras et qu'il s'agissait d'un événement spirituel. Mais il m'a demandé si je voulais passer une audition !» Tshewang Dendup a été le premier acteur à être retenu pour le film.

Sonam

Le personnage de Sonam incarne la beauté vierge du Bhoutan. La jeune actrice Sonam Lhamo confie : «Je considère comme une chance énorme et un vrai bonheur d'avoir pu représenter notre pays. Certaines personnes ne savent même pas que le Bhoutan existe, d'autres le tiennent pour quantité négligeable. Mais ce film montre que le Bhoutan a vraiment quelque chose de particulier.» Le réalisateur explique : «Sonam Lhamo est elle-même particulière : elle est délicate mais pas fragile, attirante mais pas voyante, adorable tout en ignorant son charme. Et elle est brillante, c'est l'une des meilleures élèves de sa classe. Lorsque je l'ai rencontrée, c'est d'abord sa fraîcheur qui m'a sauté aux yeux.»

Tashi

De tous les rôles, c'est celui de Tashi qui a nécessité le plus de recherches afin de découvrir son interprète. Karma Yangki, la directrice de casting, ne parvenait pas à trouver un homme à la fois séduisant, énigmatique et ayant un esprit suffisamment vif. Quelques jours avant que l'équipe technique n'arrive de l'étranger, elle a repéré Lhakpa Dorji dans une cabine téléphonique, sous la pluie.Lhakpa ne savait pas grand-chose de Khyentse Norbu. Il raconte : «On m'a dit que plus de cent personnes avaient été auditionnées pour ce rôle, mais qu'aucune n'avait été retenue. J'ai passé une audition en le jouant comme moi je le voyais, et j'ai eu la chance de convaincre !» Lhakpa Dorji a passé la plus grande partie de ses trois semaines sur le tournage trempé jusqu'aux os, à courir dans les fourrés ou à manger le même repas prise après prise... mais il ne s'est jamais plaint et confie ne rien regretter !

Deki

Deki, la jeune épouse d'Agay, est incarnée par Deki Yangzom. Elle confie : «Mes parents parlent tous deux le sharshogkpa, et moi je parle souvent anglais avec mes amis. Apprendre les dialogues en dzongkha a été difficile !» Elle poursuit : «Mon personnage n'a pas grand-chose de commun avec ce que je vis dans la réalité. Mais le refoulement et l'inhibition existent dans une société aussi conservatrice.»

Le moine

Le moine est interprété par Sonam Kinga, chercheur au Centre d'Etudes du Bhoutan. Contacté à l'origine par Prayer Flag Pictures en mars 2002 pour traduire le scénario de Khyentse Norbu de l'anglais au dzongkha, il s'est retrouvé à faire un bout d'essai... Et s'est vu offrir le rôle du moine. Deux semaines avant le début du tournage, Khyentse Norbu l'a invité à s'investir davantage encore dans le film en devenant coach dialogues pendant toute la durée du tournage. Il raconte : «J'ai adoré jouer un moine. Jouer à être ce que l'on n'est pas est fantastique. Incarner un autre demande de la réflexion, il faut intégrer puis finalement exprimer le personnage. C'est une expérience impressionnante et passionnante à la fois.» Membre fondateur du National Film Review Board, Sonam Kinga a vu la quasi-totalité des films Bhoutanais. Il explique : «Le film de Khyentse Norbu arrive à un moment crucial dans le parcours de l'industrie cinématographique Bhoutanaise. Il démontre que non seulement un film Bhoutanais peut sortir du carcan des films de Bollywood, des éternelles histoires de passion et de triangle amoureux, mais qu'il est possible de lui donner une profonde identité Bhoutanaise, dans ses thèmes, son histoire, son cadre, son environnement et bien sûr, son esprit.»

A PROPOS DU
Bhoutan

Le nom «Bhoutan» peut se traduire par «extrémité du Tibet». Le nom officiel du pays est Druk Yul, qui signifie littéralement «Pays des dragons». C'est une monarchie, et le seul royaume bouddhiste au monde. Le Bhoutan a inspiré le Shangrila fictif du roman de James Hilton, «Les Horizons perdus». A bien des titres, ce royaume fascine depuis longtemps. Le pays et ceux qui y vivent restent préservés du reste du monde, isolés tant par la géographie naturelle que par une politique gouvernementale délibérée. Ayant à peu près la surface de la Suisse (47 000 km2) et environ deux millions d'habitants, ce pays paradoxal est situé entre les deux nations les plus peuplées du monde, l'Inde et la Chine. Pour la première fois dans l'histoire du cinéma, VOYAGEURS ET MAGICIENS fait découvrir ce petit royaume niché dans l'Himalaya. Les Bhoutanais ont développé une philosophie de vie unique, représentée fidèlement dans le film, dans toute sa beauté et sa sensibilité. Au Bhoutan, le roi est aussi le chef du gouvernement, le peuple porte le costumenational selon la loi et le «bonheur national brut» est par décret royal, considéré comme plus important que le produit national brut. Avant les années soixante, le Bhoutan n'avait ni monnaie nationale, ni infrastructure routière, ni électricité, ni téléphones, ni écoles, ni hôpitaux, ni service postal, et encore moins de visiteurs étrangers. Les Bhoutanais menaient une vie simple, voyageant à pied ou à cheval, faisant du troc pour échanger leurs marchandises, et restaient préservés des changements technologiques qui bouleversaient le reste du monde. Ce n'est qu'il y a quarante ans que le roi a décidé, dans le cadre de son désir d'unifier ce pays en majeure partie rural, de développer une langue nationale. Sur une douzaine de dialectes, il a retenu le dzongkha, parlé par environ un quart de la population. Le dzongkha est devenu la langue nationale en 1988. Comme tous les autres dialectes, il s'agissait d'une langue orale, et la première étape a été d'en créer une forme écrite. VOYAGEURS ET MAGICIENS, premier film tourné dans cette langue, représente un pas en avant significatif dans la maturation de ce processus. Le Bhoutan compte plus de moines bouddhistes que de soldats, et la loi fait obligation de conserver plus de 60 % des terres sous forme de forêt. Au coeur du désordre social et environnemental de notre monde actuel, le Bhoutan peut être considéré comme un joyau...

LES MOTS DE KHYENTSE NORBU
Sur les origines de l'histoire

Chaque fois que je voyage à travers le Bhoutan, je vois ces gens le long des routes, qui attendent une voiture qui puisse les emmener. C'est une vision à laquelle je suis très attaché, et j'ai toujours eu envie d'écrire une histoire à ce propos. «Izuni Odoriko», une histoire de l'auteur japonais Yasunari Kawabata, m'a aussi donné quelques idées. Il s'agit d'un groupe de voyageurs et du lien qui se crée entre une danseuse et un étudiant. Une grande part de VOYAGEURS ET MAGICIENS est née de l'adaptation d'une fable bouddhiste sur deux frères, dont l'un aspire à être magicien. Dans ce film, il y a une histoire à l'intérieur d'une histoire. J'ai aimé cette structure parce qu'elle épousait les personnages. Ces voyageurs ont du temps, beaucoup de temps, et pour se distraire ils se racontent des histoires. A travers leurs échanges, ils apportent un recul et revisitent ce qu'ils vivent. Le personnage de Dondup incarne un trait que l'on trouve chez la jeunesse Bhoutanaise, une certaine agitation, une insatisfaction, une impatience.

Sur les relations entre le cinéma et le bouddhisme

Les gens me disent : «Vous êtes un lama bouddhiste, pourquoi faites-vous des films ?» Cette question m'étonne toujours. Elle témoigne du fait que pour certains, travailler dans le cinéma est presque sacrilège, c'est comme si j'enfreignais une sorte de loi sacrée. En même temps, je comprends cette forme de réflexion. Les gens associent automatiquement le cinéma à l'argent, au sexe et à la violence, parce que tant de films de ce genre viennent de Hollywood et de Bollywood... Si seulement ces gens pensaient aux films d'Ozu, de Satyajit Ray, d'Antonioni, ils comprendraient que le cinéma est loin de se restreindre à ce genre de films. En fait, le cinéma est un outil. C'est un média, et le bouddhisme est une science. Vous pouvez être un scientifique et en même temps, vous pouvez être cinéaste... «Je dois souligner qu'en outre, au contraire d'autres religions, le bouddhisme ne s'élève pas contre l'idolâtrie. Pendant des siècles, le bouddhisme a adopté la représentation artistique et les statues pour exprimer des messages de compassion, d'amour et de sagesse. Le cinéma peut être considéré comme un thangka moderne. Je ne prétends pas faire des films «spirituels», mais il est évident que l'on y trouve une influence bouddhiste. Certains sont étonnés qu'un Rinpoche fasse du cinéma, mais ce que je peux dire, c'est qu'entre l'éthique, la moralité et la sagesse, le bouddhisme a toujours mis l'accent sur la sagesse. La sagesse surpasse le comportement. Les générations les plus conservatrices peuvent hausser les sourcils devant ce que je fais et ce que je dis, mais ils oublient que ce qu'ils considèrent comme «la bonne chose à faire» et leurs traditions vénérées ont été autrefois très modernes et progressistes ! On m'a parfois reproché d'être « occidentalisé», en partie je crois parce que je m'associe à des Occidentaux, mais je ne suis pas d'accord. Je suis sans doute un peu moderne, c'est vrai, mais je refuse d'adapter le bouddhisme que j'enseigne à l'Ouest ou au monde moderne, parce que le bouddhisme a toujours été moderne ! Depuis que l'on a commencé à l'enseigner, sonessence n'a pas changé. Il est important de faire la distinction entre la culture et le bouddhisme. La sagesse de Bouddha a voyagé à travers différents pays et différentes époques, et la culture et les traditions de chaque époque et de chaque lieu sont devenues intrinsèques à l'enseignement. La culture est indispensable, parce que sans elle, on ne peut pas interpréter l'enseignement. Le dharma est le thé, et la culture est la tasse. La tasse est nécessaire, mais pas essentielle. J'essaie de ne pas m'attacher à la tasse, et s'il le faut, je suis prêt à la changer. En ce sens seulement, on peut dire que j'ai un esprit moderne.

Sur l'amour du cinéma

Je fais des films parce que j'aime ça ! J'aime l'ensemble du concept, raconter une histoire grâce aux images, le cadre, le rythme, le son, le dialogue... J'aime que l'on puisse représenter ce que l'on voit en esprit. Quand je considère un film dans son ensemble, je m'aperçois que mon esprit a choisi de se concentrer sur une seule chose ­ disons, les yeux d'une personne ­ et je peux expliquer ce choix, démontrer cette vision entre les quatre coins de l'écran. Le cinéma est l'un des médias les plus puissants dont nous disposions aujourd'hui.

Sur le fait de travailler au
Bhoutan

Mis à part le processus de création proprement dit, il y a une autre chose que j'ai vraiment appréciée sur ce film. Pour la première fois, j'ai eu l'opportunité de travailler avec le peuple du Bhoutan. Je me suis assis avec eux, j'ai mangé avec eux, j'ai voyagé avec eux. J'ai fait l'expérience d'un grand nombre de choses que je n'avais jamais eu l'occasion de connaître avant et j'ai découvert une somme de petites choses très importantes à mes yeux.

Sur ses projets

J'ai écrit plusieurs autres histoires spécialement pour le Bhoutan. L'une d'elles, que j'aimerais transformer en film, est une simple histoire d'amour. J'ai remarqué que bien des films de Bollywood et de Hollywood «sensationnalisent» la romance à outrance. Les choses ne se passent pas forcément comme on les montre dans les films ! Ce peut être quelque chose de très simple, de banal, mais en même temps de très significatif, comme la souffrance que l'on éprouve face à l'absence d'un être aimé. «Je ne me vois pas exercer cette profession de cinéaste à plein temps, mais je vais sans doute faire plus de films. Faire le deuxième a engendré beaucoup de pression, parce que si le premier était quand même une nouveauté, le deuxième fait figure de test. J'espère que les attentes du public n'atteindront pas des hauteurs vertigineuses !

TSHEWANG DENDUP
Dondup

Tshewang Dendup est producteur et reporter au sein du Bhutan Broadcasting Service (BBS). Il est très populaire auprès du public Bhoutanais. Tshewang Dendup est né durant l'Année du Chien de Fer, en 1970. Premier de sa classe, il a poursuivi ses études supérieures à l'Université Sherubtse, la seule université du Bhoutan qui décerne des diplômes. Il apassé le sien en 1993 et a ensuite obtenu un poste chez BBS. En 1999, Tshewang Dendup est parti étudier à UC Berkeley, en Californie, dont il avait obtenu une bourse. Il en a rapporté une maîtrise en journalisme télévisé avec une spécialisation dans la production de documentaires. Il travaille actuellement sur l'écriture d'un roman.

SONAM LHAMO
Sonam

Sonam Lhamo est née l'année du Dragon de Terre, en 1988, à Gelephu, au Bhoutan. Jeune fille brillante, elle est la première de sa classe au lycée Lungten Zampa de Thimphu.

LHAKPA DORJI
Tashi

Lhakpa Dorji est producteur au sein du Bhoutan Broadcasting Service (BBS). Il est né l'année du Dragon de Feu, en 1976. Il a fait ses études au lycée Motithang, puis a obtenu une licence de gestion des affaires à l'Université Madras à Chennai, en Inde.

DEKI YANGZOM
DekiDeki

Yangzom travaille au département des ressources humaines de l'Autorité Monétaire Royale du Bhoutan. Son père, militaire, est originaire de Tashigang, et sa mère de Mongar. Deki est née à Thimphu l'année du Dragon de Feu, en 1976. Elle a étudié à Khalingpong puis au Lady Keane College de Shillong, en Inde. Elle est mariée et a une petite fille de 2 ans.

SONAM KINGA
Le moine

Bien qu'il semble à l'aise dans sa robe de moine, Sonam Kinga n'est pas un religieux, mais un chercheur au Centre d'Etudes du Bhoutan. Il est l'auteur et l'éditeur de nombreux livres et rapports sur son pays. Il a fait ses études au Canada et au Japon et parle huit langues. Son prochain livre, «Rinzang Lhaden», est une traduction de l'«Antigone» de Sophocle en dzongkha. Sonam Kinga est né l'année du Taureau d'Eau, en 1973, dans la ville de Haa, près de la frontière entre le Bhoutan et la Chine. Il est marié et vit à Thimphu.

DERRIERE LA CAMERA

KHYENTSE NORBU
Réalisateur

VOYAGEURS ET MAGICIENS est le second long métrage de Khyentse Norbu, après LA COUPE, qui a connu un succès international en 1999. Présenté pour la première fois auFestival du Film de Cannes, LA COUPE a été distribué et plébiscité dans plus de quarante pays. Le New York Times a qualifié Khyentse Norbu de «cinéaste né» et le London Evening Standard l'a salué comme étant «l'un des jeunes talents les plus doués». Le succès de LA COUPE, un conte semi- autobiographique sur la passion d'un groupe de moines tibétains pour le football, était réalisé avec des acteurs et une équipe technique constitués principalement de moines et de novices.Khyentse Norbu ­ de son nom complet Son éminence Dzongsar Jamyang Khyentse Rinpoche ­ est l'un des principaux lamas incarnés de la tradition bouddhiste tibétaine, et fait partie de l'une des familles les plus nobles du Bhoutan. Né dans une région reculée de l'est du pays lors de l'année du Boeuf de Métal (1961), il est le fils du maître bouddhiste Thinley Norbu Rinpoche, et le petit-fils des deux yogi tantriques Lama Sonam Zangpo et H.H. Dudjom Rinpoche. A l'âge de 7 ans, Khyentse Norbu a été reconnu comme étant la troisième incarnation de Jamyang Khyentse Wangpo, un saint non confessionnel, érudit et premier lama du monastère tibétain de Dzongsar. Ce monastère est réputé comme un centre d'études non confessionnel et de contemplation de première importance. Elevé dans la rigueur des monastères et institutions bouddhistes du Bhoutan et de Sikkim, Khyentse Norbu a suivi l'enseignement des plus grands maîtres vivants du Bouddhisme Vajrayana. Il a prolongé cet héritage non conventionnel en fondant des centres de retraite, des écoles de philosophie et des fondations caritatives à travers le monde. Quand il ne travaille pas sur un de ses films, il enseigne la philosophie bouddhiste à travers l'Asie, l'Amérique du Nord et du Sud, l'Europe et l'Australie. Bien que son emploi du temps nécessite des voyages constants, il se retire plusieurs mois chaque année pour méditer. Khyentse Norbu a vécu son premier contact avec le cinéma à l'âge de 19 ans. Sur le chemin qui le menait de chez lui à son université, dans la gare où il attendait son train, le jeune moine a aperçu quelques images d'un film de Bollywood diffusées à la télévision. Peu de temps après, Raymond Steiner, qui réalisait alors des films pour la jeunesse en Inde, lui donnait sa première leçon de photo. Khyentse Norbu a poursuivi ses études bouddhistes, mais sa passion pour le cinéma était née. Il a commencé à voyager et à enseigner, et son parcours l'a mené jusqu'à la London's School of Oriental and African Studies. Il y étudiaitpendant la journée, mais ce sont les salles de cinéma de la capitale anglaise qui ont été ses vraies salles de classe... Au début des années 90, il rencontre le producteur Jeremy Thomas, alors occupé à la préproduction du film de Bernardo Bertolucci LITTLE BUDDHA. Inspiré par leurs conversations, Khyentse Norbu s'inscrit pour un cours de quatre semaines à la New York Film Academy. Thomas présente Khyentse Norbu à Bertolucci, qui l'engage comme consultant sur LITTLE BOUDDHA et lui donne même un petit rôle. En travaillant sur le film, Khyentse Norbu observe Bertolucci. « Bernardo m'a beaucoup enseigné, confie-t-il. Il est un peu mon gourou en cinéma ! » Bertolucci et Thomas pousseront Khyentse à faire ses propres films. Jeremy Thomas sera d'ailleurs le producteur exécutif de LA COUPE et jouera un rôle clé dans le financement et la création du film.

Filmographie

1995 ETTO METTO (cm)Portrait de la vie d'un village
Bhoutanais inspiré par Tagore
1996 THE BIG SMOKE (cm)L'histoire de la vie d'un conteur
1999 LA COUPE (The Cup/Phörpa) Les moines d'un monastère tibétain se passionnent pour la coupe du monde de football
2003 VOYAGEURS ET MAGICIENS (Travellers & Magicians)

RAYMOND STEINER
Producteur et chef décorateur

L'expérience de Raymond Steiner s'étend aussi bien au cinéma qu'au théâtre, au design et à l'édition, aux Etats-Unis comme en Australie. Il a travaillé sur des films comme 2001 L'ODYSSEE DE L'ESPACE de Stanley Kubrick, THE ADVENTURERS, LES AVENTURES DE ZAC ET CRYSTA DANS LA FORET TROPICALE DE FERNGULLY de Bill Kroyer, ou SERGEANT PEPPER. Il a également été le collaborateur de Sa Sainteté le 14e Dalai Lama. Il travaille avec Khyentse Norbu depuis plus de vingt-cinq ans. Les deux hommes se sont rencontrés en Inde, alors que Khyentse Norbu était étudiant au Sakya College et que Raymond réalisait des téléfilms pour la jeunesse. Raymon Steiner a produit et créé les décors du premier film de Khyentse Norbu, LA COUPE.

MALCOLM WATSON
Producteur et directeur de production

Malcolm Watson travaille avec Khyentse Norbu depuis 1990, que ce soit en Inde, au
Bhoutan ou au Canada. Il a une formation en architecture et une solide expérience en ingénierie civile, en management financier et en gestion et organisation. Il a dessiné et construit différents centres de retraite et des écoles de philosophie bouddhiste, et a également dirigé divers projets pour les activités caritatives de Khyentse Norbu. Cette association de longue date avec Norbu l'a conduit à devenir coproducteur et directeur de production de son premier long métrage, LA COUPE.

ALAN KOZLOWSKI
Directeur de la photographie

Alan Kozlowski a entamé sa carrière de directeur de la photo en 1979. En 1982, il a développé la technologie de prises de vues, éclairé et réalisé un film 70 mm à 360 degrés pour les salles Envirovision. En 1993, il a innové encore en tournant et mettant au point une présentation de la culture chinoise sur 10 écrans pour le Hawpaw Village, un célèbre parc d'attractions de Singapour. Un an plus tard, il a remporté l'ACE Award de la meilleure émission musicale de l'année pour le documentaire Disney «Jackson Brown ­ Going Home». Alan s'intéresse à la musique de Ravi Shankar depuis 1978 et a participé à ses spectacles dans le monde entier.Il a coproduit avec George Harrison « In Celebration », une édition collector de quatre CD des oeuvres de Ravi Shankar. En 1984, Alan Kozlowski a fondé Visual Eyes, une société de postproduction cinéma et télévision de Santa Monica devenue par la suite Pacific Ocean Post. Sous l'égide de Kozlowski, Pacific Ocean Post a contribué aux effets spéciaux de INDEPENDENCE DAY de Roland Emmerich en 1997 et TITANIC de James Cameron en 1998.

JOHN SCOTT et LISA-ANNE MORRIS
Monteurs

John Scott a monté une multitude de films dont le premier long métrage de Khyentse Norbu, LA COUPE. Au cours de ses vingt-cinq ans de carrière, il a travaillé avec la plupartdes grands réalisateurs australiens, dont Fred Schepisi et Paul Cox. Il a obtenu à deux reprises le Prix du meilleur montage de l'Australian Film Institute, pour son travail sur THE NAVIGATOR de Vincent Ward et sur NEWSFRONT de Phillip Noyce. Il a collaboré également avec Noyce sur HEATWAVE, LE CHEMIN DE LA LIBERTE et UN AMERICAIN BIEN TRANQUILLE. On lui doit aussi le montage de SEXY BEAST de Jonathan Glazer, ROXANNE de Steve Martin et de MAD DOG MORGAN, première production de Jeremy Thomas. Après avoir étudié l'Histoire de l'art et les beaux-arts en Angleterre, Lisa-Anne Morris a travaillé comme photographe chez Sothebys. Elle s'est orientée vers le cinéma au milieu des années quatre-vingt, travaillant notamment sur des films comme UNDER COVER, produit en Australie. Elle a également été monteuse d'un grand nombre de documentaires et productions télévisées. Au cinéma, elle a signé le montage de films comme LA COUPE de Khyentse Norbu, LE CHEMIN DE LA LIBERTE de Phillip Noyce et a été plus récemment monteuse des effets visuels de UN AMERICAIN BIEN TRANQUILLE, également de Phillip Noyce.

JEREMY THOMAS
Producteur exécutif

Né à Londres dans une famille de cinéastes, Jeremy Thomas a toujours voulu travailler dans le cinéma. Après avoir signé le montage de T'AS PAS CENT BALLES ? de Philippe Mora, il s'installe en Australie pour produire MAD DOG MORGAN, interprété par Dennis Hopper. Il revient en Grande-Bretagne en 1976 pour y fonder la Recorded Picture Company. Sa première production sera LE CRI DU SORCIER. L'adaptation par Jerzy Skolimowski du conte de Robert Graves remporte le Grand Prix du Jury au Festival du Film de Cannes. Thomas enchaîne avec le film de Julian Temple sur les Sex Pistols LA GRANDE ESCROQUERIE DU ROCK'N'ROLL. Il produit ensuite trois films de Nicolas Roeg, ENQUÊTE SUR UNE PASSION, EUREKA et UNE NUIT DE RÉFLEXION. Il sera aussi le producteur de FURYO de Nagisa Oshima et du thriller de Stephen Frears LE TUEUR ÉTAIT PRESQUE PARFAIT. L'achèvement de la première décennie de Recorded Picture Company est marqué par LE DERNIER EMPEREUR, de Bernardo Bertolucci, qui a nécessité trois ans de préparation et s'est imposé lors des Oscars 1987, avec un total de neuf statuettes, dont celle du meilleur film. La collaboration de Jeremy Thomas et de Bertolucci se poursuit avec UN THÉ AU SAHARA en 1991, LITTLE BUDDHA en 1993 et BEAUTÉ VOLÉE en 1995. Durant la même période, Thomas produit le film de David Cronenberg tiré du classique de William Burrough, LE FESTIN NU. Il retrouvera Cronenberg comme producteur exécutif sur CRASH. En 1996, il produit BLOOD AND WINE de Bob Rafelson, avec Jack Nicholson et Michael Caine, avant de se consacrer à une ambition de longue date : réaliser son propre film. Ce sera ALL THE LITTLE ANIMALS. Jeremy Thomas a depuis été le producteur exécutif de LA COUPE de Khyentse Norbu, TABOU de Nagisa Oshima, LE CHEMIN DE LA LIBERTE de Phillip Noyce, ainsi que le producteur de ANIKI, MON FRERE de Takeshi Kitano, SEXY BEAST de Jonathan Glazer, YOUNG ADAM de David Mackenzie et INNOCENTS de Bernardo Bertolucci.

FICHE ARTISTIQUE

Dondup TSHEWANG DENDUP
Le vendeur de pommes AP DOCHU
Le moine SONAM KINGA
Sonam SONAM LHAMO
Le père de Sonam DASHO ADAB SANGYE

Le monde de Dondup

L'homme qui louche GUP KADO DUBA
Le chef du village Lieutenant-colonel DASHO KADO
L'homme à l'arc PEMA TSHERING
Le postier TSHERING DORJI
Phunsok JIGME DRUKPA
Le facteur GURULA
Le chanteur de la cérémonie du phallus PHUB THINLEY
La dame du village TSHERING YANGCHEN
Le chauffeur Sedan KEZANG NORBU
Le passager Sedan SONAM DORJI
Le chauffeur du camion SAMDRUP DORJI
La femme dans le camion UGYEN TSHOMO
L'homme ivre DECHEN DORJEE
Le chauffeur du busSon Eminence NETEN CHOKLING

Le monde de Tashi

Le fermier DASHO BATO KARP
Tashi LHAKPA DORJI
La fille au riz KARMA YANGKI
Karma NAMGAY DORJEE
Le professeur de magie Le Vénérable LUNGTAEN GYATSO
Agay GOMCHEN PENJORE
Deki DEKI YANGZOM

LA MUSIQUE

«Special Times»
Composé et interprété par David Hykes

«Times to the True»
Composé et interprété par David Hykes

«Hit the Road»
Composé et interprété par Michal the Girl

«Hooke, Line & Sink Me»
Composé et interprété par Michal the Girl

«Wake Up»
Composé par Ben Fink Interprété par King Clam

«Yak Song» (chant) – Traditionnel
Interprété par Sonam Dorji

«Yak Song» (instrumental) – Traditionnel
Interprété par Jigme Drukpa

«In This World»
Composé et interprété par Jigme Drukpa

«Nyi Semki»
Composé et interprété par Dechen Dorjee

«Yak Doof»
Composé par Ben Fink Interprété par Sonam Dorji, Ben Fink et John Napier