Synopsis
Pour Dondup, il n'est pas question de passer le reste
de sa vie comme fonctionnaire dans ce minuscule village des montagnes
du Bhoutan. Il rêve de partir faire fortune
aux Etats-Unis. Pour cela, il ne lui manque qu'un visa, qu'il doit
aller chercher dans une lointaine grande ville. Contraint de s'y rendre
à pied, Dondup chemine avec un vendeur de
pommes et un moine qui, jouraprès jour, lui conte l'histoire
de Tashi, un jeune fermier qui lui aussi, voulait
coûte que coûte changer sa vie, mais vit ses plans modifiés
par une rencontre amoureuse. Lorsqu'un marchand et sa très
belle fille se joignent aux marcheurs, la fable du moine prend une
dimension aussi étrange que fascinante. Cette histoire de désir,
d'ambition et de meurtre trouve soudain chez Dondup
un écho qui va changer son destin...
Note
de production
VOYAGEURS
ET MAGICIENS est le premier long métrage entièrement
produit et réalisé au
Bhoutan, un petit royaume préservé situé au coeur
de l'Himalaya, à la frontière sud du Tibet. Khyentse
Norbu, le réalisateur, explique : «VOYAGEURS
ET MAGICIENS nous plonge au coeur de deux destins que l'on
découvre parallèlement et qui se répondent. Nous
suivons deux hommes, deux vies qui avancent et découvrent l'amour,
la valeur des rêves et les risques de l'ambition...»
UNE
FABLE AUX CONFINS DU MONDE
C'est
dans les paysages magnifiques et inédits du
Bhoutan que le tournage a commencé le 29 septembre 2002. Plus
de 108 personnes, acteurs et techniciens originaires de ce pays, mais
aussi d'Australie, d'Allemagne, d'Inde, du Canada et des Etats-Unis,
sont venues travailler avec le cinéaste Khyentse Norbu.
La volonté du scénariste-réalisateur était
de permettre aux
Bhoutanais de l'équipe d'acquérir auprès de leurs
collègues, des professionnels internationaux, une solide expérience
et une inspiration qui leur permettront de produire dans le futur
des films
Bhoutanais d'aussi grande ampleur. VOYAGEURS ET MAGICIENS
a été entièrement tourné dans le dialecte
dzongkha, la langue officielle du
Bhoutan. Durant le tournage, le premier dictionnaire officiel dzongkha
a été créé. Comme peu de membres de l'équipe
parlaient cette langue, il a fallu la leur enseigner grâce à
un coach dialogues présent sur le plateau. Le film a été
tourné selon l'esprit et les traditions du pays, et bien des
décisions concernant le tournage ont été déterminées
par le mo, une méthode ancienne de divination pratiquée
par des lamas spécialement formés. Le mo a dicté
la distribution des rôles, le choix de l'équipe technique,
et même la date du premier jour de tournage. Le scénariste-réalisateur
Khyentse Norbu est également l'un des principaux lamas incarnés
de la tradition bouddhiste tibétaine, et fait partie de l'une
des familles les plus nobles du Bhoutan. En accord
avec ses croyances, des cérémonies religieuses bouddhistes,
les pujas, se sont déroulées tout au long du tournage
afin d'écarter les difficultés, de repousser les démons
locaux et de placer le film sous d'heureux auspices.
VIVRE
POUR DIRE ET PARTAGER
Comme
dans LA COUPE, le premier film de Khyentse Norbu,
les acteurs de VOYAGEURS ET MAGICIENS ne sont pas
des professionnels. La distribution rassemble des gens venus des quatre
coins du pays, notamment un moine formé aux mathématiques
pures, un chercheur faisant partie d'une cellule de réflexion
stratégique gouvernementale, des employés de la télévision
Bhoutanaise, le dirigeant des banques et des institutions financières
du pays, un colonel de la garde du roi, un directeur d'école,
des élèves, des fermiers et des gomchen - des médecins-philosophes
pratiquant la méditation. Le réalisateur note : «Même
si aucun de mes acteurs n'avait jamais joué auparavant, ils
se sont passionnés et investis totalement dans le film et lui
ont donné le meilleur d'eux-mêmes. Ils ont fait appel
à tout ce qu'ils ont vécu pour raconter cette histoire.»
Dondup
Khyentse
Norbu explique : «Le personnage de Dondup incarne la
modernisation du Bhoutan. Tshewang Dendup
travaille à la télévision Bhoutanaise et symbolise
merveilleusement cette transition. Il a un fils qui vit à Toronto,
des affiches de Che Guevara et de John Lennon dans son salon, et il
porte le vêtement traditionnel, le gho, mais c'est le seul que
je connaisse qui soit fait en jean ! On le voit d'ailleurs dans le
film. Tshewang a également une profonde connaissance de la
culture de son pays.» Tshewang Dendup raconte
sa rencontre avec le réalisateur : «Khyentse
Norbu s'apprêtait à conduire une cérémonie
religieuse devant 25 000 personnes. Je me trouvais là dans
le cadre de mon travail, pour couvrir l'événement. Quand
il m'a fait signe, j'ai pensé qu'il allait me réprimander
parce qu'il y avait neuf caméras et qu'il s'agissait d'un événement
spirituel. Mais il m'a demandé si je voulais passer une audition
!» Tshewang Dendup a été le premier
acteur à être retenu pour le film.
Sonam
Le
personnage de Sonam incarne la beauté vierge du Bhoutan.
La jeune actrice Sonam Lhamo confie : «Je considère
comme une chance énorme et un vrai bonheur d'avoir pu représenter
notre pays. Certaines personnes ne savent même pas que le Bhoutan
existe, d'autres le tiennent pour quantité négligeable.
Mais ce film montre que le Bhoutan a vraiment quelque
chose de particulier.» Le réalisateur explique : «Sonam
Lhamo est elle-même particulière : elle est
délicate mais pas fragile, attirante mais pas voyante, adorable
tout en ignorant son charme. Et elle est brillante, c'est l'une des
meilleures élèves de sa classe. Lorsque je l'ai rencontrée,
c'est d'abord sa fraîcheur qui m'a sauté aux yeux.»
Tashi
De tous les rôles, c'est celui de Tashi qui
a nécessité le plus de recherches afin de découvrir
son interprète. Karma Yangki, la directrice de casting, ne
parvenait pas à trouver un homme à la fois séduisant,
énigmatique et ayant un esprit suffisamment vif. Quelques jours
avant que l'équipe technique n'arrive de l'étranger,
elle a repéré Lhakpa Dorji dans une
cabine téléphonique, sous la pluie.Lhakpa ne savait
pas grand-chose de Khyentse Norbu. Il raconte : «On
m'a dit que plus de cent personnes avaient été auditionnées
pour ce rôle, mais qu'aucune n'avait été retenue.
J'ai passé une audition en le jouant comme moi je le voyais,
et j'ai eu la chance de convaincre !» Lhakpa Dorji
a passé la plus grande partie de ses trois semaines sur le
tournage trempé jusqu'aux os, à courir dans les fourrés
ou à manger le même repas prise après prise...
mais il ne s'est jamais plaint et confie ne rien regretter !
Deki
Deki,
la jeune épouse d'Agay, est incarnée par Deki Yangzom.
Elle confie : «Mes parents parlent tous deux le sharshogkpa,
et moi je parle souvent anglais avec mes amis. Apprendre les dialogues
en dzongkha a été difficile !» Elle poursuit :
«Mon personnage n'a pas grand-chose de commun avec ce que je
vis dans la réalité. Mais le refoulement et l'inhibition
existent dans une société aussi conservatrice.»
Le
moine
Le
moine est interprété par Sonam Kinga,
chercheur au Centre d'Etudes du Bhoutan. Contacté
à l'origine par Prayer Flag Pictures en mars 2002 pour traduire
le scénario de Khyentse Norbu de l'anglais au dzongkha, il
s'est retrouvé à faire un bout d'essai... Et s'est vu
offrir le rôle du moine. Deux semaines avant le début
du tournage, Khyentse Norbu l'a invité à s'investir
davantage encore dans le film en devenant coach dialogues pendant
toute la durée du tournage. Il raconte : «J'ai adoré
jouer un moine. Jouer à être ce que l'on n'est pas est
fantastique. Incarner un autre demande de la réflexion, il
faut intégrer puis finalement exprimer le personnage. C'est
une expérience impressionnante et passionnante à la
fois.» Membre fondateur du National Film Review Board, Sonam
Kinga a vu la quasi-totalité des films Bhoutanais. Il explique
: «Le film de Khyentse Norbu arrive à
un moment crucial dans le parcours de l'industrie cinématographique
Bhoutanaise. Il démontre que non seulement un film Bhoutanais
peut sortir du carcan des films de Bollywood, des éternelles
histoires de passion et de triangle amoureux, mais qu'il est possible
de lui donner une profonde identité Bhoutanaise, dans ses thèmes,
son histoire, son cadre, son environnement et bien sûr, son
esprit.»
A
PROPOS DU
Bhoutan
Le
nom «Bhoutan» peut se traduire par «extrémité
du Tibet». Le nom officiel du pays est Druk Yul, qui signifie
littéralement «Pays des dragons». C'est une monarchie,
et le seul royaume bouddhiste au monde. Le Bhoutan
a inspiré le Shangrila fictif du roman de James Hilton, «Les
Horizons perdus». A bien des titres, ce royaume fascine depuis
longtemps. Le pays et ceux qui y vivent restent préservés
du reste du monde, isolés tant par la géographie naturelle
que par une politique gouvernementale délibérée.
Ayant à peu près la surface de la Suisse (47 000 km2)
et environ deux millions d'habitants, ce pays paradoxal est situé
entre les deux nations les plus peuplées du monde, l'Inde et
la Chine. Pour la première fois dans l'histoire du cinéma,
VOYAGEURS ET MAGICIENS fait découvrir ce petit
royaume niché dans l'Himalaya. Les Bhoutanais ont développé
une philosophie de vie unique, représentée fidèlement
dans le film, dans toute sa beauté et sa sensibilité.
Au Bhoutan, le roi est aussi le chef du gouvernement,
le peuple porte le costumenational selon la loi et le «bonheur
national brut» est par décret royal, considéré
comme plus important que le produit national brut. Avant les années
soixante, le Bhoutan n'avait ni monnaie nationale,
ni infrastructure routière, ni électricité, ni
téléphones, ni écoles, ni hôpitaux, ni
service postal, et encore moins de visiteurs étrangers. Les
Bhoutanais menaient une vie simple, voyageant à pied ou à
cheval, faisant du troc pour échanger leurs marchandises, et
restaient préservés des changements technologiques qui
bouleversaient le reste du monde. Ce n'est qu'il y a quarante ans
que le roi a décidé, dans le cadre de son désir
d'unifier ce pays en majeure partie rural, de développer une
langue nationale. Sur une douzaine de dialectes, il a retenu le dzongkha,
parlé par environ un quart de la population. Le dzongkha est
devenu la langue nationale en 1988. Comme tous les autres dialectes,
il s'agissait d'une langue orale, et la première étape
a été d'en créer une forme écrite. VOYAGEURS
ET MAGICIENS, premier film tourné dans cette langue,
représente un pas en avant significatif dans la maturation
de ce processus. Le Bhoutan compte plus de moines
bouddhistes que de soldats, et la loi fait obligation de conserver
plus de 60 % des terres sous forme de forêt. Au coeur du désordre
social et environnemental de notre monde actuel, le Bhoutan
peut être considéré comme un joyau...
LES
MOTS DE KHYENTSE NORBU
Sur
les origines de l'histoire
Chaque
fois que je voyage à travers le Bhoutan, je
vois ces gens le long des routes, qui attendent une voiture qui puisse
les emmener. C'est une vision à laquelle je suis très
attaché, et j'ai toujours eu envie d'écrire une histoire
à ce propos. «Izuni Odoriko», une histoire de l'auteur
japonais Yasunari Kawabata, m'a aussi donné quelques idées.
Il s'agit d'un groupe de voyageurs et du lien qui se crée entre
une danseuse et un étudiant. Une grande part de VOYAGEURS
ET MAGICIENS est née de l'adaptation d'une fable bouddhiste
sur deux frères, dont l'un aspire à être magicien.
Dans ce film, il y a une histoire à l'intérieur d'une
histoire. J'ai aimé cette structure parce qu'elle épousait
les personnages. Ces voyageurs ont du temps, beaucoup de temps, et
pour se distraire ils se racontent des histoires. A travers leurs
échanges, ils apportent un recul et revisitent ce qu'ils vivent.
Le personnage de Dondup incarne un trait que l'on trouve chez la jeunesse
Bhoutanaise, une certaine agitation, une insatisfaction, une impatience.
Sur
les relations entre le cinéma et le bouddhisme
Les
gens me disent : «Vous êtes un lama bouddhiste, pourquoi
faites-vous des films ?» Cette question m'étonne toujours.
Elle témoigne du fait que pour certains, travailler dans le
cinéma est presque sacrilège, c'est comme si j'enfreignais
une sorte de loi sacrée. En même temps, je comprends
cette forme de réflexion. Les gens associent automatiquement
le cinéma à l'argent, au sexe et à la violence,
parce que tant de films de ce genre viennent de Hollywood et de Bollywood...
Si seulement ces gens pensaient aux films d'Ozu, de Satyajit Ray,
d'Antonioni, ils comprendraient que le cinéma est loin de se
restreindre à ce genre de films. En fait, le cinéma
est un outil. C'est un média, et le bouddhisme est une science.
Vous pouvez être un scientifique et en même temps, vous
pouvez être cinéaste... «Je dois souligner qu'en
outre, au contraire d'autres religions, le bouddhisme ne s'élève
pas contre l'idolâtrie. Pendant des siècles, le bouddhisme
a adopté la représentation artistique et les statues
pour exprimer des messages de compassion, d'amour et de sagesse. Le
cinéma peut être considéré comme un thangka
moderne. Je ne prétends pas faire des films «spirituels»,
mais il est évident que l'on y trouve une influence bouddhiste.
Certains sont étonnés qu'un Rinpoche fasse du cinéma,
mais ce que je peux dire, c'est qu'entre l'éthique, la moralité
et la sagesse, le bouddhisme a toujours mis l'accent sur la sagesse.
La sagesse surpasse le comportement. Les générations
les plus conservatrices peuvent hausser les sourcils devant ce que
je fais et ce que je dis, mais ils oublient que ce qu'ils considèrent
comme «la bonne chose à faire» et leurs traditions
vénérées ont été autrefois très
modernes et progressistes ! On m'a parfois reproché d'être
« occidentalisé», en partie je crois parce que
je m'associe à des Occidentaux, mais je ne suis pas d'accord.
Je suis sans doute un peu moderne, c'est vrai, mais je refuse d'adapter
le bouddhisme que j'enseigne à l'Ouest ou au monde moderne,
parce que le bouddhisme a toujours été moderne ! Depuis
que l'on a commencé à l'enseigner, sonessence n'a pas
changé. Il est important de faire la distinction entre la culture
et le bouddhisme. La sagesse de Bouddha a voyagé à travers
différents pays et différentes époques, et la
culture et les traditions de chaque époque et de chaque lieu
sont devenues intrinsèques à l'enseignement. La culture
est indispensable, parce que sans elle, on ne peut pas interpréter
l'enseignement. Le dharma est le thé, et la culture est la
tasse. La tasse est nécessaire, mais pas essentielle. J'essaie
de ne pas m'attacher à la tasse, et s'il le faut, je suis prêt
à la changer. En ce sens seulement, on peut dire que j'ai un
esprit moderne.
Sur
l'amour du cinéma
Je
fais des films parce que j'aime ça ! J'aime l'ensemble du concept,
raconter une histoire grâce aux images, le cadre, le rythme,
le son, le dialogue... J'aime que l'on puisse représenter ce
que l'on voit en esprit. Quand je considère un film dans son
ensemble, je m'aperçois que mon esprit a choisi de se concentrer
sur une seule chose disons, les yeux d'une personne et
je peux expliquer ce choix, démontrer cette vision entre les
quatre coins de l'écran. Le cinéma est l'un des médias
les plus puissants dont nous disposions aujourd'hui.
Sur
le fait de travailler au
Bhoutan
Mis
à part le processus de création proprement dit, il y
a une autre chose que j'ai vraiment appréciée sur ce
film. Pour la première fois, j'ai eu l'opportunité de
travailler avec le peuple du Bhoutan. Je me suis
assis avec eux, j'ai mangé avec eux, j'ai voyagé avec
eux. J'ai fait l'expérience d'un grand nombre de choses que
je n'avais jamais eu l'occasion de connaître avant et j'ai découvert
une somme de petites choses très importantes à mes yeux.
Sur
ses projets
J'ai
écrit plusieurs autres histoires spécialement pour le
Bhoutan. L'une d'elles, que j'aimerais transformer
en film, est une simple histoire d'amour. J'ai remarqué que
bien des films de Bollywood et de Hollywood «sensationnalisent»
la romance à outrance. Les choses ne se passent pas forcément
comme on les montre dans les films ! Ce peut être quelque chose
de très simple, de banal, mais en même temps de très
significatif, comme la souffrance que l'on éprouve face à
l'absence d'un être aimé. «Je ne me vois pas exercer
cette profession de cinéaste à plein temps, mais je
vais sans doute faire plus de films. Faire le deuxième a engendré
beaucoup de pression, parce que si le premier était quand même
une nouveauté, le deuxième fait figure de test. J'espère
que les attentes du public n'atteindront pas des hauteurs vertigineuses
!
TSHEWANG
DENDUP
Dondup
Tshewang
Dendup est producteur et reporter au sein du Bhutan Broadcasting
Service (BBS). Il est très populaire auprès du public
Bhoutanais. Tshewang Dendup est né durant l'Année du
Chien de Fer, en 1970. Premier de sa classe, il a poursuivi ses études
supérieures à l'Université Sherubtse, la seule
université du Bhoutan qui décerne des
diplômes. Il apassé le sien en 1993 et a ensuite obtenu
un poste chez BBS. En 1999, Tshewang Dendup est parti étudier
à UC Berkeley, en Californie, dont il avait obtenu une bourse.
Il en a rapporté une maîtrise en journalisme télévisé
avec une spécialisation dans la production de documentaires.
Il travaille actuellement sur l'écriture d'un roman.
SONAM
LHAMO
Sonam
Sonam
Lhamo est née l'année du Dragon de Terre, en
1988, à Gelephu, au Bhoutan. Jeune fille brillante,
elle est la première de sa classe au lycée Lungten Zampa
de Thimphu.
LHAKPA
DORJI
Tashi
Lhakpa
Dorji est producteur au sein du Bhoutan
Broadcasting Service (BBS). Il est né l'année du Dragon
de Feu, en 1976. Il a fait ses études au lycée Motithang,
puis a obtenu une licence de gestion des affaires à l'Université
Madras à Chennai, en Inde.
DEKI
YANGZOM
DekiDeki
Yangzom travaille au département des ressources
humaines de l'Autorité Monétaire Royale du Bhoutan.
Son père, militaire, est originaire de Tashigang, et sa mère
de Mongar. Deki est née à Thimphu l'année du
Dragon de Feu, en 1976. Elle a étudié à Khalingpong
puis au Lady Keane College de Shillong, en Inde. Elle est mariée
et a une petite fille de 2 ans.
SONAM
KINGA
Le moine
Bien
qu'il semble à l'aise dans sa robe de moine, Sonam
Kinga n'est pas un religieux, mais un chercheur au Centre
d'Etudes du Bhoutan. Il est l'auteur et l'éditeur de nombreux
livres et rapports sur son pays. Il a fait ses études au Canada
et au Japon et parle huit langues. Son prochain livre, «Rinzang
Lhaden», est une traduction de l'«Antigone» de Sophocle
en dzongkha. Sonam Kinga est né l'année du Taureau d'Eau,
en 1973, dans la ville de Haa, près de la frontière
entre le Bhoutan et la Chine. Il est marié
et vit à Thimphu.
DERRIERE
LA CAMERA
KHYENTSE
NORBU
Réalisateur
VOYAGEURS
ET MAGICIENS est le second long métrage de Khyentse
Norbu, après LA COUPE, qui a connu un succès
international en 1999. Présenté pour la première
fois auFestival du Film de Cannes, LA COUPE a été distribué
et plébiscité dans plus de quarante pays. Le New York
Times a qualifié Khyentse Norbu de «cinéaste né»
et le London Evening Standard l'a salué comme étant
«l'un des jeunes talents les plus doués». Le succès
de LA COUPE, un conte semi- autobiographique sur
la passion d'un groupe de moines tibétains pour le football,
était réalisé avec des acteurs et une équipe
technique constitués principalement de moines et de novices.Khyentse
Norbu de son nom complet Son éminence Dzongsar Jamyang
Khyentse Rinpoche est l'un des principaux lamas incarnés
de la tradition bouddhiste tibétaine, et fait partie de l'une
des familles les plus nobles du Bhoutan. Né
dans une région reculée de l'est du pays lors de l'année
du Boeuf de Métal (1961), il est le fils du maître bouddhiste
Thinley Norbu Rinpoche, et le petit-fils des deux yogi tantriques
Lama Sonam Zangpo et H.H. Dudjom Rinpoche. A l'âge de 7 ans,
Khyentse Norbu a été reconnu comme
étant la troisième incarnation de Jamyang Khyentse Wangpo,
un saint non confessionnel, érudit et premier lama du monastère
tibétain de Dzongsar. Ce monastère est réputé
comme un centre d'études non confessionnel et de contemplation
de première importance. Elevé dans la rigueur des monastères
et institutions bouddhistes du Bhoutan et de Sikkim,
Khyentse Norbu a suivi l'enseignement des plus grands
maîtres vivants du Bouddhisme Vajrayana. Il a prolongé
cet héritage non conventionnel en fondant des centres de retraite,
des écoles de philosophie et des fondations caritatives à
travers le monde. Quand il ne travaille pas sur un de ses films, il
enseigne la philosophie bouddhiste à travers l'Asie, l'Amérique
du Nord et du Sud, l'Europe et l'Australie. Bien que son emploi du
temps nécessite des voyages constants, il se retire plusieurs
mois chaque année pour méditer. Khyentse Norbu a vécu
son premier contact avec le cinéma à l'âge de
19 ans. Sur le chemin qui le menait de chez lui à son université,
dans la gare où il attendait son train, le jeune moine a aperçu
quelques images d'un film de Bollywood diffusées à la
télévision. Peu de temps après, Raymond Steiner,
qui réalisait alors des films pour la jeunesse en Inde, lui
donnait sa première leçon de photo. Khyentse
Norbu a poursuivi ses études bouddhistes, mais sa
passion pour le cinéma était née. Il a commencé
à voyager et à enseigner, et son parcours l'a mené
jusqu'à la London's School of Oriental and African Studies.
Il y étudiaitpendant la journée, mais ce sont les salles
de cinéma de la capitale anglaise qui ont été
ses vraies salles de classe... Au début des années 90,
il rencontre le producteur Jeremy Thomas, alors occupé à
la préproduction du film de Bernardo Bertolucci LITTLE
BUDDHA. Inspiré par leurs conversations, Khyentse
Norbu s'inscrit pour un cours de quatre semaines à
la New York Film Academy. Thomas présente Khyentse
Norbu à Bertolucci, qui l'engage comme consultant sur LITTLE
BOUDDHA et lui donne même un petit rôle. En travaillant
sur le film, Khyentse Norbu observe Bertolucci. «
Bernardo m'a beaucoup enseigné, confie-t-il. Il est un peu
mon gourou en cinéma ! » Bertolucci et Thomas pousseront
Khyentse à faire ses propres films. Jeremy Thomas sera d'ailleurs
le producteur exécutif de LA COUPE et jouera
un rôle clé dans le financement et la création
du film.
Filmographie
1995
ETTO METTO (cm)Portrait de la vie d'un village
Bhoutanais inspiré par Tagore
1996 THE BIG SMOKE (cm)L'histoire de la vie d'un
conteur
1999 LA COUPE (The Cup/Phörpa) Les moines d'un
monastère tibétain se passionnent pour la coupe du monde
de football
2003 VOYAGEURS ET MAGICIENS (Travellers & Magicians)
RAYMOND
STEINER
Producteur
et chef décorateur
L'expérience
de Raymond Steiner s'étend aussi bien au cinéma
qu'au théâtre, au design et à l'édition,
aux Etats-Unis comme en Australie. Il a travaillé sur des films
comme 2001 L'ODYSSEE DE L'ESPACE
de Stanley Kubrick, THE ADVENTURERS, LES AVENTURES DE ZAC
ET CRYSTA DANS LA FORET TROPICALE DE FERNGULLY de Bill Kroyer,
ou SERGEANT PEPPER. Il a également été
le collaborateur de Sa Sainteté le 14e Dalai Lama. Il travaille
avec Khyentse Norbu depuis plus de vingt-cinq ans.
Les deux hommes se sont rencontrés en Inde, alors que Khyentse
Norbu était étudiant au Sakya College et que
Raymond réalisait des téléfilms pour la jeunesse.
Raymon Steiner a produit et créé les décors du
premier film de Khyentse Norbu, LA COUPE.
MALCOLM
WATSON
Producteur
et directeur de production
Malcolm
Watson travaille avec Khyentse Norbu depuis
1990, que ce soit en Inde, au
Bhoutan ou au Canada. Il a une formation en architecture et une solide
expérience en ingénierie civile, en management financier
et en gestion et organisation. Il a dessiné et construit différents
centres de retraite et des écoles de philosophie bouddhiste,
et a également dirigé divers projets pour les activités
caritatives de Khyentse Norbu. Cette association de longue date avec
Norbu l'a conduit à devenir coproducteur et
directeur de production de son premier long métrage, LA
COUPE.
ALAN
KOZLOWSKI
Directeur
de la photographie
Alan
Kozlowski a entamé sa carrière de directeur
de la photo en 1979. En 1982, il a développé la technologie
de prises de vues, éclairé et réalisé
un film 70 mm à 360 degrés pour les salles Envirovision.
En 1993, il a innové encore en tournant et mettant au point
une présentation de la culture chinoise sur 10 écrans
pour le Hawpaw Village, un célèbre parc d'attractions
de Singapour. Un an plus tard, il a remporté l'ACE Award de
la meilleure émission musicale de l'année pour le documentaire
Disney «Jackson Brown Going Home». Alan s'intéresse
à la musique de Ravi Shankar depuis 1978 et a participé
à ses spectacles dans le monde entier.Il a coproduit avec George
Harrison « In Celebration », une édition collector
de quatre CD des oeuvres de Ravi Shankar. En 1984, Alan Kozlowski
a fondé Visual Eyes, une société de postproduction
cinéma et télévision de Santa Monica devenue
par la suite Pacific Ocean Post. Sous l'égide de Kozlowski,
Pacific Ocean Post a contribué aux effets spéciaux de
INDEPENDENCE DAY de Roland Emmerich en 1997 et TITANIC
de James Cameron en 1998.
JOHN
SCOTT et LISA-ANNE MORRIS
Monteurs
John
Scott a monté une multitude de films dont le premier
long métrage de Khyentse Norbu, LA COUPE.
Au cours de ses vingt-cinq ans de carrière, il a travaillé
avec la plupartdes grands réalisateurs australiens, dont Fred
Schepisi et Paul Cox. Il a obtenu à deux reprises le Prix du
meilleur montage de l'Australian Film Institute, pour son travail
sur THE NAVIGATOR de Vincent Ward et sur NEWSFRONT
de Phillip Noyce. Il a collaboré également avec Noyce
sur HEATWAVE, LE CHEMIN DE LA LIBERTE et UN
AMERICAIN BIEN TRANQUILLE. On lui doit aussi le montage de
SEXY BEAST de Jonathan Glazer, ROXANNE de Steve Martin
et de MAD DOG MORGAN, première production
de Jeremy Thomas. Après avoir étudié l'Histoire
de l'art et les beaux-arts en Angleterre, Lisa-Anne Morris a travaillé
comme photographe chez Sothebys. Elle s'est orientée vers le
cinéma au milieu des années quatre-vingt, travaillant
notamment sur des films comme UNDER COVER, produit
en Australie. Elle a également été monteuse d'un
grand nombre de documentaires et productions télévisées.
Au cinéma, elle a signé le montage de films comme LA
COUPE de Khyentse Norbu, LE CHEMIN DE LA LIBERTE
de Phillip Noyce et a été plus récemment monteuse
des effets visuels de UN AMERICAIN BIEN TRANQUILLE,
également de Phillip Noyce.
JEREMY
THOMAS
Producteur
exécutif
Né
à Londres dans une famille de cinéastes, Jeremy
Thomas a toujours voulu travailler dans le cinéma.
Après avoir signé le montage de T'AS PAS CENT
BALLES ? de Philippe Mora, il s'installe en Australie pour
produire MAD DOG MORGAN, interprété
par Dennis Hopper. Il revient en Grande-Bretagne en 1976 pour y fonder
la Recorded Picture Company. Sa première production sera LE
CRI DU SORCIER. L'adaptation par Jerzy Skolimowski du conte
de Robert Graves remporte le Grand Prix du Jury au Festival du Film
de Cannes. Thomas enchaîne avec le film de Julian Temple sur
les Sex Pistols LA GRANDE ESCROQUERIE DU ROCK'N'ROLL.
Il produit ensuite trois films de Nicolas Roeg, ENQUÊTE
SUR UNE PASSION, EUREKA et UNE NUIT DE RÉFLEXION.
Il sera aussi le producteur de FURYO de Nagisa Oshima et du thriller
de Stephen Frears LE TUEUR ÉTAIT PRESQUE PARFAIT.
L'achèvement de la première décennie de Recorded
Picture Company est marqué par LE DERNIER EMPEREUR, de Bernardo
Bertolucci, qui a nécessité trois ans de préparation
et s'est imposé lors des Oscars 1987, avec un total de neuf
statuettes, dont celle du meilleur film. La collaboration de Jeremy
Thomas et de Bertolucci se poursuit avec UN THÉ
AU SAHARA en 1991, LITTLE BUDDHA en 1993
et BEAUTÉ VOLÉE en 1995. Durant la même période,
Thomas produit le film de David Cronenberg tiré du classique
de William Burrough, LE FESTIN NU. Il retrouvera
Cronenberg comme producteur exécutif sur CRASH. En 1996, il
produit BLOOD AND WINE de Bob Rafelson, avec Jack
Nicholson et Michael Caine, avant de se consacrer à une ambition
de longue date : réaliser son propre film. Ce sera ALL
THE LITTLE ANIMALS. Jeremy Thomas a depuis été
le producteur exécutif de LA COUPE de Khyentse Norbu, TABOU
de Nagisa Oshima, LE CHEMIN DE LA LIBERTE de Phillip
Noyce, ainsi que le producteur de ANIKI, MON
FRERE de Takeshi Kitano, SEXY BEAST de Jonathan
Glazer, YOUNG ADAM de David Mackenzie et INNOCENTS
de Bernardo Bertolucci.
FICHE
ARTISTIQUE
Dondup
TSHEWANG DENDUP
Le vendeur de pommes AP DOCHU
Le moine SONAM KINGA
Sonam SONAM LHAMO
Le père de Sonam DASHO ADAB SANGYE
Le monde de Dondup
L'homme qui louche GUP KADO DUBA
Le chef du village Lieutenant-colonel DASHO KADO
L'homme à l'arc PEMA TSHERING
Le postier TSHERING DORJI
Phunsok JIGME DRUKPA
Le facteur GURULA
Le chanteur de la cérémonie du phallus PHUB
THINLEY
La dame du village TSHERING YANGCHEN
Le chauffeur Sedan KEZANG NORBU
Le passager Sedan SONAM DORJI
Le chauffeur du camion SAMDRUP DORJI
La femme dans le camion UGYEN TSHOMO
L'homme ivre DECHEN DORJEE
Le chauffeur du busSon Eminence NETEN CHOKLING
Le monde de Tashi
Le fermier DASHO BATO KARP
Tashi LHAKPA DORJI
La fille au riz KARMA YANGKI
Karma NAMGAY DORJEE
Le professeur de magie Le Vénérable LUNGTAEN
GYATSO
Agay GOMCHEN PENJORE
Deki DEKI YANGZOM
LA
MUSIQUE
«Special
Times»
Composé et interprété par David Hykes
«Times to the True»
Composé et interprété par David Hykes
«Hit
the Road»
Composé et interprété par Michal the
Girl
«Hooke,
Line & Sink Me»
Composé et interprété par Michal the
Girl
«Wake
Up»
Composé par Ben Fink Interprété par King
Clam
«Yak Song» (chant) – Traditionnel
Interprété par Sonam Dorji
«Yak
Song» (instrumental) – Traditionnel
Interprété par Jigme Drukpa
«In
This World»
Composé et interprété par Jigme Drukpa
«Nyi Semki»
Composé et interprété par Dechen Dorjee
«Yak
Doof»
Composé par Ben Fink Interprété
par Sonam Dorji, Ben Fink et John
Napier